Journal de bord

Premières bulles

5 juin 2014, par gasp, Koh Tao Island, Chumphon, Thailand

Après un copieux petit déj occidental hors de prix au restaurant du Scuba Diving Ban’s Diving Resort, nous rejoignons Christelle, une charmante jeune femme aux yeux bleux clairs et au teint halé. Elle nous a été recommandée par Laure de Vienne qui était venue ici pour faire de la plongée.

Koh Tao est un peu la Mecque de la plongée, ses eaux turquoises, ses hauts fonds et la diversité de sa flore et de sa faune font référence dans le monde des gens palmés. Elle commence par nous expliquer les aspects théoriques de la plongée, basiquement :
- Ne pas dire OK avec le pouce vers le haut, parce que ça veut dire "remonter"
- Faire gaffe à ses poumons et ses tympans qui se comportent comme des ballons de baudruche en plus douloureux quand ça éclate
- On portera un gilet avec plein de tubes et de cadrans, et on aura l’air classe

La partie théorique est très importante, mais pas non plus d’une complexité folle. Immédiatement après, on va en piscine mettre en pratique quelques enseignements :
- Enfiler le matériel (lourd).
- Se rendre compte qu’avec tout l’équipement, l’effet classe steam-punk du gilet disparaît et on ressemble à de gros crapauds.
- Décompresser les tympans.
- Respirer, toujours respirer.
- Décrocher / raccrocher le compresseur.
- Vider l’eau de son masque.
- Gonfler / dégonfler son gilet.
- Nager entre deux eaux, ça c’est le plus dur.

On respire sous l’eau. C’est un rêve éveillé, une sensation de liberté extraordinaire qui donne envie de rigoler, et du coup qui remplit le masque d’eau...

"Bon, c’était super, vous avez réussi tous les exercices, maintenant on fait une pause déj, pensez à manger léger". Ha ha, ce serait mal nous connaître ! Avec tous ces restos thaï dans le coin on se fait un copieux déj pour reprendre des forces.

En début d’après-midi, on retrouve Christelle au Ban’s Diving Resort, on va plonger avec les poissons ! On appareille dans un grand bateau ou une quarantaine de palmipèdes s’ébrouent gaiement et on est bien content d’avoir Christelle pour nous deux.

Le premier spot de plongée est beaucoup trop profond pour de petites grenouilles comme nous alors on ne fait qu’admirer les bulles et apprendre les gestes correspondant aux poissons, ainsi le rabbit fish se mime avec des oreilles de lapin, la muraine avec des doigts crochus, le poisson clown en mettant une main ouverte devant le nez pour faire la nique, le poisson sergent major en montrant des gallons, le requin avec un aileron au niveau du front, le poisson perroquet en se cachant un œil (oui, parce que le perroquet est sur l’épaule du capitaine pirate qui a un patch sur l’œil), logique.

Le deuxième spot, c’est au large d’Aow Leuk, comme ça on n’est pas perdus. Ça nous permet d’avoir un autre point de vue sur cette baie paradisiaque.

La descente se fait le long d’une corde pour nous aider à réguler notre descente, on est assez lent : ce qui était enfantin en piscine l’est un peu moins en mer. Arrivés à 12 m de profondeur, on suit Christelle qui nous mime chaque poisson, caillou, coquillage. C’est un rêve, on survole des coraux, on pique entre les vallées d’un paysage digne des films de Miyazaki [1], on plane sans effort en escadron parmi les bancs de poissons... et au bout de quelques minutes, Christelle nous signale qu’il faut déjà remonter. On n’a pas trop envie, mais bon, elle doit avoir ses raisons. Elle pourrait quand même nous laisser là et revenir nous chercher demain !

En fait on sera resté 50 minutes sous l’eau (en ne consommant que la moitié de notre air). En haut, c’est l’orage, de grosses vagues et de la pluie (ah bon ?) alors on rentre au port, encore rêveurs, en planant dans d’autres stratosphères.


[1Le monde des insectes dans Nausicaä la vallée du vent.

Aow Leuk

3 juin 2014, par gasp, Aow Leuk Beach, Ao Thian Og, Koh Tao Island, Chumphon, Thailand

Sur les conseils d’Aurélien, on marche jusqu’Aow Leuk. Finalement on y restera 3 jours.

L’île est toute petite, et en à peine une heure on arrive sur cette plage, le soleil s’est couché, les nuages laissent des traînées roses dans le ciel violet... et si on s’installait là ?

Photographies

  • Notre arrivée à Aow Leuk
  • À l'aube, vue de la plage
  • Bain aux aurores
  • Attention, même dans la baignoire on peut attraper des coups de (...)
  • Alerte (à Bali mou), un requin !
  • Domitille à la plage
  • Domitille à la plage
  • Domitille à la plage
  • La plage de la baie d'Aow Leuk, à l'aube

Wat Arun

30 mai 2014, par gasp, Bangkok, Phra Nakhon District, Thailand

Le Wat Arun (ou Temple de l’Aurore) est ainsi nommé pour sa situation à l’Ouest du fleuve Chao Phray et à l’extrémité Ouest de la vieille ville. Ainsi, c’est le premier temple qui reçoit les rayons du soleil à l’Aurore.

Vue de la rive à partir du Wat Arun
Vue de la rive à partir du Wat Arun

Wat Pho

29 mai 2014, par gasp, Bangkok, Phra Nakhon District, Thailand

Le Wat Pho est le premier temple que nous avons visité à Bangkok, situé au cœur de la vieille ville, notre guide Belge avait absolument insisté pour nous y emmener au petit matin.

Un touriste
Un touriste
Un moine se fait une petite selfie
Un moine se fait une petite selfie
(une "selfie" c’est un auto-portrait grâce à un appareil photo numérique)

C’est un temple très fréquenté, plein de touristes et de pélerins qui mitraillent de photos les 394 Buddhas assis, les motifs chargés et fleuris ces Chédî et bien entendu, l’immense Buddha couché de 45m de long tout serré dans son temple ajusté.

Des dorures et des céramiques
Des dorures et des céramiques

Il y a de magnifiques céramiques et tout est très doré (à la thaïlandaise), il y a aussi des statues que les marchands Chinois apportaient au fond des cales de leurs bateaux histoire de ne pas faire de voyages à vide, mais leur austérité ne ravit pas particulièrement les Thaïs qui s’en servent pour étendre le linge.

Étendoir à linge made in China
Étendoir à linge made in China

Photographies


Dans les rues de Bangkok

28 mai 2014, par gasp, domitille, Bangkok, Phra Nakhon District, Thailand

Nous arrivons en début de soirée chez Tak, puis arrivent son épouse Oy et ses enfants en uniforme d’école. On tente de faire quelques courses mais on ne sait pas vraiment ce qui est bon et n’a pas besoin d’être cuisiné, alors on ramène des chips, du coca, de la bière et de la glace, c’est un peu maladroit parce que seul le coca leur fera envie. Tak et Oy nous laissent leur chambre et vont dormir avec leurs enfants, on est gênés par tant d’hospitalité. A la télé, les discours officiels de la junte annonce le couvre feu, on va se coucher assez tôt.

Petite ruelle de China Town
Petite ruelle de China Town
Quartier des ferailleurs
Quartier des ferailleurs
En haut de notre hôtel
En haut de notre hôtel

Bangkok est une ville traversée par un fleuve (le Chao Phraya) et de nombreux canaux, il est donc commun dans les vieux quartiers d’y circuler par voie fluviale. On s’est trouvé un hôtel dans le quartier des ferailleurs au sud du quartier chinois très bien placé parce qu’à quelques arrêts de bateau-bus de s temples qu’on a envie de voir.

Petit déj
Petit déj
Gratte ciel
Gratte ciel

C’est une ville où se mèlent de vieilles baraques en bois et au toit de taule au pied de grate ciels de verre. Il y a pas mal de taxis et beaucoup trop de Tuktuk [1] qui racolent les touristes dans les quartiers des temples. Selon les destinations, nous privilégions le métro, très rapide et très moderne ou les bateaux-bus très typiques.

Les rues sont bruyantes et animées [2], il y a partout des vendeurs ambulants d’eau et de fruits pressés ou des petits restos de rue où on se régale.

Petite sieste au Grand Palais
Petite sieste au Grand Palais

Bien qu’il fasse très chaud et que l’air soit très pollué, on crapahute dans la ville de temples en palais. On se perd dans les petites rues du marché de Chinatown pleines de babioles kawaii qui intéressent beaucoup plus Domitille que Michel.

Photographies

  • Cabine d'un chauffeur de bateau-bus
  • Un quartier d'affaires et de grand centres commerciaux
  • Le Wat Arun

[1Des Rikshaw

[2Avant le couvre feu qui sera fixé à 22h puis minuit

Palais Royal

27 mai 2014, par gasp, Bangkok, Phra Borom Maha Ratcha Wang, Thailand

Sur l’ensemble des murs d’enceinte, une immense fresque narre la vie de Buddha [1] par petites scénettes juxtaposée.

Des récits de batailles, d’hommes singe, de déités célestes, d’éléphants d’hommes-sangliers qui pourchassent des soldats, de monstres qui gobent des châteaux, de singe géants qui permettent à leurs armées de traverser une rivière au fond d’un précipice, des femmes qui prient ou qui se baignent, des amants cachés dans un buisson, des vieux qui prient, des paysans qui récoltent du miel, des occidentaux avec leurs armées et leurs moustaches qui se battent contre une armée d’homme-singes... autant dire que c’est fascinant. On ne comprend rien mais on reste collés aux murs un peu comme une immense bande dessinée qu’on n’aurait pas envie de lâcher.

Photographies


[1Ou peut être les vies de Buddha

Ayutthaya à vélo

26 mai 2014, par gasp, Ayutthaya, Phra Nakhon Si Ayutthaya Province, Thaïland

Si tôt débarqués en Thaïande, nous sommes accueillis par Phen, Phia et leur fils Phom, des amis de Praveena. Après un peu de repos de notre vol, nous partons pour Ayutthaya, l’ancienne capitale de la Thaïlande (ou Royaume de Siam) avant Bangkok.

La ville a gardé de sa grandeur passée de très nombreux temples, en thaï on dit "wat" (วัด). Il y a aussi de nombreux "chedi" qui sont des mausolés en forme de cloche pointue. Ils ont été construits en brique rouge et le platre moulé qui les recouvrait est parti depuis longtemps.

Nous louons des vélos et nous sillonons la ville pendant deux jours. Il y a des sites en ruine et des temples en activité dans-lesquels les fidèles viennent se recueillir.

On traverse à vélo en bateau
On traverse à vélo en bateau

Les chants des moines et des fidèles, ça donne à peu près ça. Les bruits de maracasses, ce sont des baguettes dans un récipient qu’ils secouent jusqu’à ce qu’il y en ait une qui tombe. Une fois qu’elle est tombée, ils la ramassent, lisent ce qu’il y a inscrit dessus, la remettent dans le pot et ainsi de suite plusieurs fois.

La ville en elle-même ne présente pas un immense intérêt si ce n’est l’animation des villes de province Thaïlandaises qui nous préparent progressivement à Bangkok ! On apprend les regles de conduite (à gauche !) qui sont assez simple :
- vous n’avez pas envie de percuter les autres
- les autres aussi ne veulent pas vous percuter
- les éléphants et les gros camions ont la priorité
- regardez toujours dans la direction la plus improbable, il y a forcément quelqu’un qui arrive de là bas.

Nous avons commencé par les ruines de temples et de chedi au centre puis nous sommes allés en périphérie de la ville où il y a moins de tourisme et plus de temple en activité.

Photographies

  • Wat Maha That
  • Une tête de buddha dans les racines du Wat Maha That
  • Wat Maha That
  • Wat Maha That Buddha devant un Chedi
  • Wat Phra Si Sanphet
  • Wat Phra Si Sanphet
  • Wat Phra Si Sanphet
  • Wat Phra Si Sanphet
  • Près du Wat Phra Si Sanphet
  • Le Wat Phraram
  • Dans le parc du Wat Phraram
  • Le Buddha noir du Wat Na Phramen
  • Les dorures en cours au teple Wat Na Phramen
  • Un arbre pousse sur un Chédi
  • Une tête de Buddha dépasse des racines
  • Des éléphants
  • Wat Langkhadum
  • Des statuettes devant le Wat Tin Ta
  • Grand Buddha au Wat Phananchoeng
  • Le plafond du Wat Phananchoeng
  • Une tête de Buddha dorée au Wat Phra Ram
  • Buddha blanc au Wat Chaimongkhon
  • Buddhas alignés au Wat Chaimongkhon
  • Des femmes moines au Wat Chaimongkhon

Plus qu’une histoire de chemises

23 mai 2014, par gasp, Bangkok, Phra Nakhon District, Bangkok, Thaïlande

La situation politique s’est fortement dégradée ces derniers jours en Thaïlande. Le général Prayuth Chan-oca après avoir décrété la loi martiale mardi a invité pour une session de négociation les chefs rivaux anti-gouvernementaux (chemises rouges) et pro-gouvernementaux (chemises jaunes). Il s’agissait d’un guet-apens, les militaires ont emprisonné tout le monde et ont annoncé le coup d’état. Hier, donc.

Qui dit loi martiale, dit suspension des libertés individuelles, des programmes télé, interdiction de rassemblement, couvre feu... donc ça risque de ne pas être la super fête à Bangkok. Ça tombe bien, les mamans nous ont fait promettre de ne pas porter de chemise et de ne pas trop traîner à la Capitale.

D’après ce qu’on nous a rapporté, dans la vie de tous les jours ça ne change pas grand chose, c’est le 19e coup d’état depuis l’abolition de la monarchie absolue en 1932, il faut juste ne pas s’approcher des rassemblements politiques, ça tombe bien, ce n’est pas trop dans nos plans.

Plus sérieusement, le mouvement des “chemises rouges” ou autrement dit le Front national uni pour la démocratie et contre la dictature (UDD) (แนวร่วมประชาธิปไตยต่อ ต้านเผด็จการแห่งชาติ ; นปช) formé en 2006 contre le gouvernement militaire de l’époque s’oppose encore aujourd’hui aux chemises jaunes en continuent à s’opposer au nouveau coup du général Prayuth Chan-oca.

Pour en savoir plus, je vous invite à suivre le site komchadluek qui publie encore des informations malgré la censure imposée par la dictature.

Au dessus de Dnipropetrovsk

22 mai 2014, par gasp, Dnipropetrovsk, Oblast de Dnipropetrovsk, Ukraine

Nous sommes rentrés en France le 24 Avril. Dès notre arrivée, nous sommes allés nous faire choyer par nos mamans, "je crois que le Sancerre accompagnerait très bien cette truite en papillotte", "un peu d’huile d’olive sur une omelette de truffes ?", "de macarons avec votre thé ?"... c’est bien d’avoir des mamans.

Nous avons aussi vu les copains, ceux que nous n’avions pas vu depuis longtemps, ceux qui sont de passage dans le coin, mais aussi des nouveaux copains qui sont arrivés pendant notre absence : Midori, Clémentine et Kévin, heu pardon, Achille.

Nous avons repris le travail, Domitille continue le projet The Island pour OX, c’est un beau projet de jeu ludo-éducatif financé par une communauté d’internautes et de copains. Pour ma part, il y a des projets en vue avec l’équipe de EST, les copains avec qui je travaillais avant, la pompe est ré-amorcée, c’est chouette de se retrouver toute la journée à déplacer des pixels sur des ordis en écoutant de la musique débile et d’aller tous ensemble manger des Ramens.

Et puis aussi il y a un peu réflexion. Le retour, c’est aussi un nouveau départ. Il y a beaucoup de choses à penser : quelles couleurs seront tendances cet été à Paris ? dois-je rechercher un travail salarié ? et si n allait vivre à Marseille ? ou à Bordeau ? ou à Berlin ? quel document manque-t-il dans mon dossier du pôle emploi ? et si je faisais une formation de typographie ? qu’y a-t-il sur l’eau du Rhône ? quelle température fait-il à Montréal le premier janvier ? est-ce que si j’arrête de parler l’espagnol je vais l’oublier ? les castors lapons sont ils hermaphrodites ? dois-je prendre une mutuelle santé ? que sont devenus nos amis les luxembourgeois ? Josette lit-elle le blog ? et si on prenait un chat ?

Je me noie un peu dans ce verre d’eau plein de questions. J’ai un peu de mal à voir "the big picture" et puis je n’ai pas trop envie. Alors, je me trouve des trucs complètement futiles à faire, je m’y investis à fond pendant quelques jours et finalement rien n’avance.

Mais tout ceci n’explique pas Dnipropetrovsk [1]. Tout simplement parce que nous sommes en train de survoler cette ville au nom évocateur de chants d’oiseaux, de couchers de soleil et de galipettes dans l’herbe, dans un très confortable Airbus A380 [2] du vol TG931 de la Thai Airways.

Je n’ai croisé mon père qu’une demie heure depuis mon retour, alors que j’arrivais il partait rejoindre son épouse Praveena en Thaïlande “– mais alors on ne se sera pas vu ?
– ben non.
— il faut que je vienne vous voir !
— chiche.”

On a l’occasion de rejoindre Praveena et mon père qui sont en Thaïlande. Ils vont bien s’occuper de nous, on va prendre encore un peu de vacances. C’est l’occasion, le timing est bon : on n’a pas encore de plans, de jours de congés à poser, de loyers à payer, de chat à nourrir.


[1Oui, le titre aussi ronflant n’avait pour but que de dédramatiser mon naufrage d’adolescent attardé dans un verre d’eau et de prévenir que cet article risquait de contenir au moins une envolée lyrique et plusieurs notes de bas de page.

[2Preuve qu’il est super confortable, Domitille dort à poings fermés, c’est une première depuis le vol New-York – Atlanta, particulièrement remué, il y a de cela un an.

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