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Test : Yoshi’s Crafted World (Switch)

, par RYoGA

Yoshi’s Crafted World est passé entre mes mains pour un test complet de A à Z. De quoi se faire une idée sur le long terme de ce que propose cette toute nouvelle aventure du dinosaure mignon. Aucun sentiment ne m’a été épargné, et c’est ce que ce test va tâcher de retranscrire au mieux.

Test publié sur Puissance-Nintendo

La vie paisible des Yoshi est une nouvelle fois perturbée alors que Kamek et Bébé Bowser viennent voler un artéfact pouvant exaucer tous les souhaits. Dans la bagarre, les gemmes du Soleil des rêves sont éparpillées à travers les contrées voisines. Yoshi se lance à l’aventure pour les récupérer avant le duo machiavélique.

Si l’histoire est classique, il faut souligner la qualité de la mise en scène des différentes cinématiques qui interviennent au cour du jeu, notamment à l’approche des différents boss. Si les personnages sont animés de façon normale, tout ce qui les entoure est filmé en stop-motion avec un nombre d’images réduit, ce qui entraîne des saccades pour un style que les fans des derniers films Lego sauront apprécier. De même, on s’amuse de voir Yoshi participer à des dialogues sous forme de textes... avec les quelques borborygmes qu’on lui connait.

Des premiers pas fort engageants

Ne serait-ce que parce que vous avez lu ma preview, vous savez probablement déjà que ce Yoshi’s Crafted World a choisi de faire du carton sa thématique principale. Tous les éléments du décor sont ainsi composés par ce matériau, comme s’ils avaient assemblés par des petites mains ingénieuses qui auraient réfléchi à des mécanismes dignes d’un Nintendo Labo. Le premier monde, Locoville, est composé d’un seul niveau qui sert d’entrée en matière. Vous avez d’ailleurs pu l’essayer dans la démo. C’est l’occasion de découvrir que Yoshi peut désormais explorer les niveaux sur plusieurs plans le long de petits chemins balisés dont certains sont parfois à dévoiler.

Yoshi conserve tous ses mouvements habituels, du saut plané à l’attaque rodéo. La lancer d’œuf est bien sûr de la partie et l’on observe qu’il n’est cette fois plus nécessaire d’appuyer sur bas après avoir gobé un ennemi pour qu’il devienne un œuf : cela se fait automatiquement. Les habitués seront également surpris de voir que les boutons de saut et de gobage ont été inversés par rapport aux précédents épisodes. Si on se fait rapidement au changement, il persiste toujours quelques fois où l’on revient instinctivement à l’ancienne formule.

Le curseur de Yoshi pour envoyer des œufs est désormais en déplacement libre à l’écran. Yoshi peut désormais envoyer des œufs en arrière-plan ou sur le devant de la scène. Si beaucoup d’éléments subsidiaires auxquels on ne fait pas forcément attention au début peuplent les décors, comme des vaches qui une fois touchées donnent quelques pièces supplémentaires, on comprend rapidement que Yoshi va devoir interagir avec ces différents plans pour progresser ou obtenir des bonus plus importants. Comme toujours, des objets plus ou moins cachés sont à trouver dans les niveaux : fleurs, pièces rouges et petits cœurs de vie.

Quand on a tout le temps de viser une cible, tout va bien. Mais quand il faut viser dans un temps limité ou sur des cibles en mouvement, il n’est pas rare que l’on manque son coup. De quoi éventuellement faire rager les perfectionnistes qui se verront obligés de refaire le niveau pour compléter le 100% global.

La découverte de ces mécanismes de gameplay et d’environnements adaptés à la thématique carton font que les premiers pas dans Yoshi’s Crafted World sont plutôt plaisants.

Un monde à l’envers pas si renversant

Une fois le premier monde bouclé, nous avons la surprise d’avoir le choix de le refaire à l’envers. Comme si les concepteurs des petites maquettes que sont les niveaux n’avaient soigné que l’avant de leur décor en carton pâte, l’envers du décor n’est lui pas du tout terminé, laissant apparaître les rafistolages et les marques des bouteilles ou boite de conserve employées. L’idée est en soi charmante, mais qu’est-ce que cela implique d’un point de vue level-design ?

Eh bien en fait pas grand chose. Les niveaux "versa" ne sont pas réellement un nouveau niveau à part entière comme on aurait pu le croire depuis le départ. Il s’agit de fait d’un niveau dans lequel on est amené à trouver trois Tipoochy (les rejetons de Poochy) cachés dans les décors. Ce petit challenge d’observation en temps chronométré est un moyen facile d’avoir des fleurs supplémentaires.

Tous les niveaux du jeu proposent ce mode "versa", mais de par sa nature subsidiaire il est peu probable que vous ayez réellement envie d’alterner les niveaux principaux avec leur envers directement après. On préférera ainsi directement passer au niveau suivant pour découvrir la suite de l’aventure. C’est donc déjà une sorte de déception quant à la nature même du jeu : l’idée de vice-versa est très vite reléguée au second plan.

Tenue carton exigée

Entre chaque monde, des portiers réclament des fleurs souriantes pour vous permettre de passer. Ils ne sont pas très exigeants et même si vous ne récupérez pas toutes les fleurs des premiers mondes, vous passerez sans véritable souci. Était-il donc réellement nécessaire d’instaurer ce système de tribu ? Sans faire trop d’efforts pour récupérer les fleurs au cours de notre premier run, nous n’avons eu qu’à revenir en chercher quelques-unes pour les ultimes mondes.

Dans chaque monde, une machine à bonus vous offre d’échanger des pièces d’or contre des costumes en carton pour l’ami Yoshi. Si chaque monde dispose d’un nombre donné de costumes et que la distribution est aléatoire, heureusement elle n’entraîne pas de doublons. Vous pouvez obtenir tous les costumes propres à chaque monde en ne déboursant que le somme nécessaire requise pour l’ensemble. Le joueur comprend dès lors qu’il doit être plus attentif à toutes ces figures en carton qui donnent des pièces en leur tirant dessus.

Faire porter une tenue à Yoshi au cours d’un niveau lui confère une protection supplémentaire, une chance en trois coups de ne pas perdre de petits cœurs de vie. Là encore, est-ce bien nécessaire, le jeu étant déjà suffisamment facile et disposant déjà d’un mode "relax" qui apporte à Yoshi des petites ailes pour lui permettre de planer à l’infini ?

On comprend néanmoins que les collectionneurs les plus acharnés se feront un plaisir de collecter toutes les pièces nécessaires (certaines bornes sur la fin réclamant des sommes un peu plus conséquentes) pour obtenir les précieuses collections "printemps-été" estampillées Yoshi carton. Quelques amiibo donnent également des costumes, mais rien de fondamental.

Un patchwork de mondes bariolés

Si l’aventure de Yoshi s’étale sur différents mondes aux thèmes riches et variés, ils sont présentés de façon très linéaire. Une fois un niveau terminé, Yoshi parcourt un petit chemin pour se rendre au suivant. Chaque monde ne comporte qu’un, puis deux, voire trois niveaux, ce qui ne manque pas de désarçonner dans un premier temps. Pourquoi n’y a t-il pas plus de niveaux pour chaque thème ?

De fait, certains mondes sont terminés très rapidement. Si cela a le mérite de nous faire voir du pays, cela donne également l’impression de traverser la région en bus de tourisme sans pouvoir réellement en profiter. Heureusement, on peut revenir à tout moment dans un monde déjà visité en affichant la carte générale du monde.

Elle est là aussi assez étrange car elle s’étale en plusieurs temps, dont une partie centrale qui propose plusieurs embranchements, nous invitant à l’instar de New Super Mario Bros U Deluxe à zapper plusieurs mondes. Est-ce là une volonté de briser la linéarité en explosant artificiellement la structure ?

Parmi les niveaux proposés, certains ne sont réservés qu’à des niveaux spéciaux totalement déconnectés du reste et fonctionnent le plus souvent sur un système de défis. Faire le plus de points en explosant des cibles en carton avec le Yoshi-robot-carton géant, ou encore cette course assez fascinante où l’on contrôle une voiture à capteur solaire qui doit éviter les zones d’ombre du terrain.

Impossible de reprocher à ce Yoshi’s Crafted World sa variété. Chaque niveau propose systématiquement quelque chose de différent. La réalisation artistique est à ce titre exemplaire.

Des niveaux vite expédiés

Seulement voilà, comme précédemment évoqué, si les niveaux sont très variés, il faut bien avouer qu’ils sont également vite expédiés. En comparaison avec d’autres jeux du genre, la longueur des niveaux oscille entre la norme et le très court, sans compter que l’ensemble est globalement très facile.

S’il vient à perdre tous ses cœurs ou s’il tombe dans un trou, Yoshi est transformé en œuf et téléporté à la dernière plateforme qu’il a foulée.

En l’état, le jeu s’adresse à des joueurs qui n’ont pas du tout envie de s’encombrer avec la difficulté et qui ont simplement envie de faire un joli voyage.

En l’absence de challenge, difficile de s’accrocher véritablement à ce Yoshi’s Crafted World lors de son premier run. On retrouve dans cet épisode tous les mécanismes connus apparus dans les précédents opus, et notamment Yoshi’s Woolly World. Ce n’est pas en soit une mauvaise chose car ils sont toujours aussi efficace. Mais la surprise n’est plus là.

Pire, un certain ennui peut carrément venir s’inviter à la table. Et nous avons trouvé l’un des principaux responsable de ce fléau : la musique du jeu. En effet, le thème principal du jeu, déjà dans nos têtes pour son aspect entêtant, se retrouve sans aucune logique dans la moitié des niveaux du jeu. Que vous traversiez une zone de montagne ou une zone aquatique, la même musique nasillarde sera là en illustration. Ce thème vous sortait déjà par les trous de nez à sa deuxième apparition ? Vous risquez d’en reprendre jusqu’à saturation.

L’autre moitié musicale ? Des réorchestrations de ce même thème selon l’ambiance des différents mondes... Autant vous dire que le thème de Yoshi’s Crafted World sera ancré dans votre tête pour un certain temps, et pas forcément pour de bonnes raisons ! Quand on connait la qualité des musiques des jeux Nintendo de ces dernières années, Super Mario 3D World, Mario Kart 8 ou A Link Between Worlds pour ne citer qu’eux, on ne comprend pas à quel point cet aspect-là ait pu être bâclé comme ça pour le dernier Yoshi.

Autre aspect à signaler, c’est la disparition quasi totale de la thématique carton au fur et à mesure du jeu. En dehors de quelques niveaux directement liés à des matériaux de papeterie comme des rubans ou des origamis, des textures beaucoup plus organiques prennent rapidement le relai pour venir se plaquer sur les décors, tout carton qu’ils soient. On comprend bien la difficulté de ne proposer que des niveaux sur une thématique carton, mais le décalage frappe aux yeux alors qu’on est en train d’arpenter une forêt à la végétation bien plus photoréaliste que dans quel autre titre du genre.

Le premier run de Yoshi’s Crafted World, sans être déplaisant pour autant, ne laisse pas de souvenirs impérissables. Le jeu se termine très rapidement et il faut à peine huit heures pour en voir le générique.

A deux c’est mieux ?

Nous avons parcouru le jeu en mode solo, mais qu’en est-il du mode duo ? Le mode deux joueurs a été amélioré par rapport à celui de Woolly World. Les deux joueurs ne se poussent plus, ce qui empêche les dommages collatéraux qui étaient si pénibles dans le précédent jeu. Si le jeu ne développe pas de séquences proprement dites à la coopération, faire l’ensemble à deux est une expérience à part entière que l’on ne peut que vous recommander.

J’ai fait quelques niveaux à deux avec l’ami Krayo, et le rythme n’est pas du tout le même. Déjà, les niveaux semblent plus longs, et pour cause, il faut sans cesse s’attendre selon l’exploration des uns des autres. Mais il faut également se coordonner pour atteindre les cibles chronométrées ou passer certaines séquences en rythme. En somme, il y a de quoi passer de bons moments !

Un post game plutôt motivant

C’est sans doute parce qu’on reste un peu sur notre faim que passé le générique on se tourne sur ce qui reste. Comme d’habitude dans ce genre de jeu, de nouveaux niveaux sont proposés et nécessitent quelques fleurs supplémentaires pour être débloqués. C’est là qu’il va falloir retourner dans les niveaux chercher les fleurs que l’on aurait laissé de côté, ou encore faire les niveaux "versa" où il est plutôt facile d’en récupérer.

Nous l’avions passé sous silence, mais les passeurs de chaque monde ont différentes requêtes à vous proposer. Il s’agit la plupart du temps de repérer dans les arrière-plans du décor un ou plusieurs objets (vaches, poulpes, objets de toute sorte) à viser pour que l’objectif soit validé, et qu’une fleur soit offerte en récompense. Une fois l’aventure terminée, simplement chercher ces éléments est en soit assez amusant. Certains sont cachés à l’envers des stages, d’autres à l’endroit, ce qui nous fait enfin jongler entre les deux facettes des niveaux.

Ce n’est qu’une fois toutes les fleurs récupérées dans les versions de tous les niveaux, les requêtes toutes effectuées et tous les costumes en carton achetés que le monde se parera d’un joli habillage et que le niveau sera considéré terminé à 100%.

Meilleur que Woolly World, Yoshi’s Crafted World est une aventure variée et haute en couleurs plutôt agréable à parcourir. Sa grande facilité le réserve à des joueurs peu regardant sur la difficulté. Le jeu est court mais son contenu supplémentaire à côté de l’aventure principale peut tenir en haleine. Dommage pour l’aspect "versa" en deçà et un thème musical surexploité.

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