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Arrivés à Hiroshima

14 septembre, par gasp, Hiroshima, Hiroshima Prefecture, Chugoku Region, Japan

Nous sommes arrivés à Hiroshima, première étape de notre voyage au Japon.

Ça fait longtemps qu’on rêvait de partir au Japon, et puis cette année, comme Florian voulait y retourner, on s’est lancés.

On part trois semaines et on part plutôt organisés, disons qu’on a un itinéraire, car paraît-il, au pays du soleil levant, l’improvisation n’est pas très bien perçue et ne serait-ce que pour le logement, il vaut mieux prévoir à l’avance. C’est en fait la seule chose à prévoir puisque les transports sont très faciles, il y a de nombreux trains qui circulent dans toutes les directions et tout est toujours accessible par une petite micheline, un ferry ou un bus. Comme tout est très bien organisé, les horaires des transports sont consultables dans les terminaux de bus ou les gares. De plus, comme nous ne sommes plus en saison de tourisme et que les cours ont repris, il y a de la place dans les trains et comme les prix ne varient pas, on peut prendre une place au dernier moment.

On part légers aussi : chacun un sac à dos et une valise qui restera à Tokyo, remplie de cadeaux pour Benjamin, Risa et leur fille Nina.

Notre passage à Tokyo fut bref. À peine sortis de l’aéroport, nous nous engouffrons dans un taxi direction Shinjiku-ku, le quartier où habitent Benjamin et Risa. Nous y dormirons 4 heures avant de rejoindre la gare Tokyo Station où nous prenons le Shinkansen Nozomi pour Hiroshima.

Le Shinkansen est une sorte de TGV blanc profilé comme une fusée. Assez bas de plafond mais très large. L’intérieur est spacieux et confortable, nous parcourrons 800km en quelques heures. Nous regardons par les hublots défiler le paysage rural japonais comme un film lointain tellement nous n’avons pas l’impression d’être dans un bolide glissant à 400 km/h, à moins que ce soit le jet-lag.

Hiroshima est une ville nouvelle qui a été entièrement reconstruite après guerre, c’est la première fois que nous nous retrouvons dans une ville japonaise et nous nous émerveillons de la propreté, du calme et de la proximité avec la nature. Dans le moindre parc, le bruit des cigales couvre immédiatement le brouhaha de la ville.

Nous nous rendons au mémorial de la paix, doux euphémisme pour décrire l’atrocité de la bombe A larguée sur Hiroshima à la fin de la seconde guerre mondiale. Le musée prend le soin de décrire le contexte et les différentes décisions qui ont mené à ce ce choix et les impacts sociétaux, guerriers et humains qu’ont eu les bombes larguées sur Hiroshima et, trois jours plus tard, Nagazaki.

Sont mises en avant les tractations qui ont mené à l’utilisation de la bombe A. Il est expliqué de manière assez crue et très documentée comment le pharaonique "Manhattan Project" visant à mettre au point la bombe à fission nucléaire et à produire le combustible nécessaire a vu le jour, malgré la protestation des différents savants de l’époque, et comment il a fallu justifier son incroyable coût auprès du contribuable américain. Sont expliqués aussi les enjeux géopolitiques de l’époque : alors que le Japon était déjà en train de négocier sa rédition avec la Russie, les Etats-Unis se sont empressés de bombarder Hiroshima, à peine quelques jours après leurs essais de bombe A pour s’assurer la main mise sur le Japon et juguler l’influence russe en Asie du sud-est. Tout ceci, bien évidemment prouvé par des documents déclassifiés signés de la main de Roosevelt.

Sont décrits également le fonctionnement de la fission nucléaire, les différens procédés chimiques et mécaniques permettant le déclenchement d’une fission nucléaire.

Enfin, son décrits les effets sur la ville et ses habitants par des chiffres et des témoignages des survivants. C’est très cru, les témoignages factuels et minimalistes des survivants, les photographies des bâtiments et des victimes sont livrés sans filtre et sans interprétation.

Le mémorial d’Hiroshima est une destination très fréquentée par les groupes scolaires. La majorité des visiteurs sont des enfants en uniforme accompagnés par leurs professeurs. Ils aprennent l’atrocité de la guerre et l’importance d’une société pacifiste, à différents endroits dans le parc atenant ils chantent et saluent les victimes.

Cette culture pacifiste cultivée depuis l’inscription dans la constitution japonaise en 1947 est pourtant mise en péril par les amendements que Shinzo Abe, le premier misistre japonais a promulgué en 2015 suite aux tirs de missiles nord-coréens en direction de l’archipel. On se souvient pourtant des grandes manifestations (chose rare au Japon) largement suivies par la population.

Vu notre état de fatigue avancé, les 16 heures de vol, les 4 petites heures de sommeil à Tokyo, on est sortis de là un peu hagars et hébétés et on est allés se consoler dans un restaurant d’okonomiyakis.

Photographies

  • Florian et Domitille dans la rue
  • Un bâtiment qui a survécu à l'explosion gardé tel quel

Vos commentaires

  • Le 19 septembre à 12:00, par RYoGA En réponse à : Arrivés à Hiroshima

    Le musée d’Hiroshima à peine sorti de l’avion c’est courageux, et c’est bien de l’avoir fait !

  • Le 24 septembre à 22:51, par ? En réponse à : Arrivés à Hiroshima

    Hiroshima, c’est un nom qui fait encore froid dans le dos, mais c’est bien de voir que la vie est la plus forte ! Il y a encore des radiations ?