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Test : The Legend of Zelda : Twilight Princess HD

mardi 1er mars 2016, par RYoGA

En 2006 chez Nintendo on ne croyait pas à la Haute Définition. Résultat, on y voyait tout flou. En 2016, on a depuis longtemps jeté nos écrans cathodiques. Après Zelda : the Wind Waker HD, Nintendo poursuit son opération recyclage des meilleurs jeux Zelda. Découvrez à quelle sauce vous allez être mangé...

Test publié sur Puissance-Nintendo

Le retour d’un titre acclamé

L’E3 2004 reste dans le cœur de nombreux joueurs comme l’un des meilleurs moments de l’histoire de Nintendo. Et cela n’est du qu’à un seul titre, présenté en toute fin de conférence par un Reggie Fils-Aimé cabotin devenu sérieux et un Miyamoto triomphant. Le nouveau The Legend of Zelda est ce titre. La plaine d’Hyrule rougeoyante au coucher du soleil dévoile des hordes de goblins, et un fier cavalier brandit son épée. Des images épiques qui ont marqué les esprits et qui sont restées attachées à l’expérience du jeu qui allait devenir Twilight Princess.

Prévu pour sortir fin 2005 sur Gamecube, le jeu ne sera disponible qu’un an plus tard, au terme d’une attente insoutenable. Fin 2006, Twilight Princess est un titre de lancement de la nouvelle console de Nintendo, la Wii. Une version en 16/9 et un report justifié par l’utilisation de mouvements gyroscopiques pour la manette télécommande qui permet de donner des coups d’épée. La capacité de pointage de la manette sert aussi pour viser (à l’arc par exemple) à l’écran. La version Gamecube, contrôlable au pad et permettant - elle - la gestion de la caméra, sort une semaine après la version Wii, histoire de tenir les promesses initiales.

Le titre est acclamé dans la presse, même si la réalisation technique pure accuse déjà le coup face à la concurrence, passée à la HD. Trois ans après Wind Waker et son look cartoon, les joueurs découvrent ce nouvel épisode de la légende qui se veut plus adulte et encore plus sombre qu’un Majora’s Mask déjà bien loti. Mais la référence à dépasser reste Ocarina of Time, l’épisode "parfait" dans le cœur de nombreux joueurs. Expérience majestueuse s’il en est, Twilight Princess est alors majoritairement perçu comme un "best-of" des épisodes de Zelda, allant chercher le meilleur de chacun de ses prédécesseurs, empruntant des références à la culture populaire vidéoludique ou cinématographique, quitte à y perdre un peu son âme. Si pour beaucoup il ne déloge pas les autres épisodes, il est aussi le premier Zelda de nombreux joueurs qui le gardent bien au chaud dans leur cœur. Une ressortie dix ans après touche indéniablement tous ces joueurs.

Link, la mère Michel et le berger

Twilight Princess prend le temps de nous présenter son nouveau héros, le jeune berger d’un village perdu dans une montagne d’inspiration helvétique. Link à dos d’Epona s’occupe des chèvres, discute avec les habitants de sa bourgade et s’occupe de résoudre leurs soucis. Ce que l’on peut considérer comme un long prologue nous permet de maîtriser le personnage sous toutes ses coutures. Il s’équipe d’une épée puis d’un bouclier. Son objectif : apporter l’épée royale au château d’Hyrule. Mais sa mission va être interrompue par des goblins qui vont changer son destin. La région a été contaminée par les ténèbres qui étend son pouvoir sur Hyrule. Forcé d’entrer dans ces zones maléfiques, Link voit son apparence changer. Il doit faire équipe avec un mystérieux personnage qui va le guider dans ce monde transformé.

Le rythme du jeu est particulier et, même s’il reprend la trame d’Ocarina of Time dans ses grandes trames, tranche avec ce que l’on a déjà connu. Dans A Link to the Past, le monde des ténèbres succédait au monde de la lumière à mi-parcours. Ici les frontières sont très rapidement troublées et il va falloir alterner les passages d’une version du monde à l’autre pour progresser.

Loup y es-tu, m’entends-tu ?

Le gameplay bien connu d’un Link à pied ou à cheval vient ainsi s’alterner avec la transformation en loup. Sous cette forme, les humains ne vous voient pas. Ce n’est pas le cas des animaux qui peuvent alors vous parler. Un concept bien exploité au début qui ne perdure pas vraiment par la suite. Link Loup peut courir et attaquer. Il peut surtout activer ses sens pour dévoiler des objets enfouis dans le sol ou suivre des pistes odorantes. Allié à Midona (personnage bien plus intéressant que Navi la simple fée ou Fey l’insupportable bavarde), ils peuvent attaquer plusieurs monstres en même temps en déclenchant un pouvoir dévastateur.

Le but de Link sous sa forme canine est de restaurer la lumière dans les régions sous le joug des ténèbres. Il part alors en quête des majestueux esprits de lumière et doit, pour restaurer leur pouvoir, collecter des perles de lumière. C’était une étape un peu fastidieuse des versions originales ; elle a été simplifiée avec la récolte de douze perles au lieu de seize. Douze perles pas forcément toujours faciles à trouver malgré leurs indications sur la carte... quand on ne pense pas à regarder partout (merci le Lac Hylia).

Le gameplay de la version 2016 réajusté

Les perles de lumières un exemple parmi d’autres pour montrer la volonté de Nintendo de réajuster l’expérience de gameplay de cette remastérisation. Simplifier certaines quêtes plus enquiquinantes qu’autre chose. Plus loin, la quête de Giovanni qui nous voyait parcourir chaque recoin d’Hyrule jusqu’à l’écœurement a été simplifiée en offrant à Link une lampe spectrale qui fait quasiment office de GPS. Vous souvenez-vous de l’idiote et totalement inutile description des rubis qui revenait dès que l’on relançait sa sauvegarde ? Elle a été bien heureusement enlevée. De ces coffres à rubis dont le contenu était gâché quand notre bourse était pleine ? Ils resteront fermés jusqu’à ce que votre capacité de stockage soit disponible.

Passé un certain stade du jeu, les transformations en loup et en humain sont légions. Dans les anciennes versions, il fallait toujours passer par Midona et sa phrase interrogative fatigante pour procéder au changement. Ici une simple touche sur l’écran du Gamepad suffit. On aurait (peut-être) aimé que l’amiibo Link Loup serve à cet effet, mais il n’en est rien. Même si nous n’avons pas encore testé la figurine, nous savons qu’elle sert à charger plus rapidement une sauvegarde de jeu dès le lancement de la console. Elle ouvre également l’accès au donjon spécial. Quant aux données stockées réutilisables dans le prochain Zelda sur Wii U, il est bien trop tôt pour en parler. Connaissant Nintendo et les fonctionnalités amiibo, le gadget ne devrait pas être d’un intérêt affolant.

Rappelons que les amiibo Link et Link cartoon rempliront votre carquois une fois par jour. L’amiibo Zelda, votre jauge de cœur (éventuellement utile en situation critique, ce qui est quand même assez rare). L’amiibo Ganondorf augmente les dommages causés par les ennemis par deux : un malus pour ceux qui voudraient justement corser les choses. Le mode héroïque disponible d’entrée de jeu est un moyen plus radical d’augmenter la difficulté avec la disparition des petits cœurs de régénération.

Gamepad ou Pad Pro

Mais évidement, manettes en main, c’est le Gamepad qui propose une expérience de jeu différente. L’écran du Gamepad affiche la carte ou l’inventaire, avec la possibilité de sélectionner les armes et de les assigner à tel ou tel bouton. La combinaison d’armes est possible, à l’image des flèches explosives qui vous seront bien utiles pour dégager les routes de leurs rochers. Le Controller Pro se passe bien sûr d’écran et doit tout gérer avec la croix directionnelle.

Surtout, le Gamepad permet de viser au gyroscope. Lance-pierre, boomerang, arc, grappin, toutes les armes de visée deviennent plus intuitives. Après avoir appuyé sur le bouton de l’arme en question, sans quitter les yeux de l’écran qui est passé en vue subjective, le réticule s’affiche. Le joueur lève alors plus ou moins haut le Gamepad pour diriger la cible et tirer. Selon l’arme l’opération est plus ou moins rapide : au lance-pierre, vous pouvez être amener à chercher des cibles autour de vous, ce qui peut s’avérer un brin fastidieux. Avec l’arc au contraire, il suffit d’un bref réajustement de la cible pour pouvoir tirer promptement : c’est un délice. La qualité de l’image en Haute Définition de cette version permet d’ailleurs de voir les cibles de loin, ce qui est plus qu’appréciable.

Nous avons rebranché Ocarina of Time sur Wii U, et quelle n’a pas été notre surprise de lever le gamepad au moment de passer en vue subjective pour tirer ! En vain puisque le gameplay s’ajuste uniquement avec les sticks... Cet apport sur TP HD est vraiment bienvenu puisque rapidement instinctif.

J’en reste Baba

La Haute Définition, parlons-en. Les versions originales tournaient sur un support en fin de vie. En résultait une désagréable sensation de flou général qui tournait à la bouillie dès lors que l’on passait dans le monde du Crépuscule, caractérisé par son effet de blur. Ici tout est d’une netteté incroyable en plein jour, et l’on peut clairement voir de loin. On se surprend parfois à s’arrêter pour contempler les décors de certaines bâtisses ou les motifs de certains donjons. Que l’on ne s’y méprenne pas toutefois : les décors sont restés les mêmes et avec eux leurs textures parfois limites. C’est notamment flagrant sur les parois extérieures des montagnes d’Hyrule).

On retrouve avec plaisir des personnages que l’on avait oublié malgré l’originalité de leurs designs. Qui se souvient de la femme esseulée à tête afro du Lac Hylia ou encore de la gouvernante exubérante de la Citadelle d’Hyrule ? Globalement, ce passage à la HD nous fait entièrement redécouvrir les environnements, que l’on avait pu difficilement apprécier à l’époque à tel point c’était flou.

Un jeu épique

Terminons enfin en rappelant que l’aventure sera longue et passionnante. En dehors de la quête principale, vous pourrez arpenter Hyrule pour découvrir ses secrets : mini-jeux en tous genre, pierres d’appel pour débloquer des bottes secrètes, insectes, poissons et tampons d’Hyrule à collectionner, sans compter les fragments de cœurs. De quoi se perdre un certain temps dans un univers gigantesque qui n’a pour seul défaut que de concentrer ses habitants en un nombre de points réduits.

Les moments d’anthologie se succèdent au cours de la première partie du jeu. Très cinématographiques, ils impliquent le joueur émotionnellement mais n’oublient jamais le gameplay. La suite du jeu n’est peut-être pas autant à la hauteur d’un point de vue narratif mais enchaîne les donjons au meilleur de leur forme. Le bestiaire est renouvelé de belle manière et les armes magiques nous surprennent souvent.

Depuis 2006, peu de jeux Nintendo ont eu autant d’ambition. Twilight Princess fait partie de ces rares jeux à avoir développé un univers gigantesque au service d’émotions variées et de mécanismes brillants. Ce n’est peut-être pas la maestria de Ocarina of Time ou tout autre volet cher à votre cœur, mais il ne faut pas pour autant minimiser son statut de Zelda culte. Si dix ans après le portage peut paraître opportun, il est en tout cas bénéfique de le revoir en Haute Définition. On espèrerait presque ne pas avoir à attendre 2021 pour retrouver Skyward Sword HD !