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Test : The Deer God (Switch)

mardi 26 décembre 2017, par RYoGA

Après nous avoir livré un Morphite déjà très planant, Blowfish Studios nous propose un portage de The Deer God, un titre déjà sorti sur les autres plateformes il y a quelques années. Prêts pour un voyage à la fois poétique et cruel ?

Test publié sur Puissance-Nintendo

Un soir de pleine lune, un chasseur tombe nez à nez avec un cerf et le tue. Un Dieu Cerf apparait et le transforme pour le faire réfléchir à son action. Vous êtes ce chasseur et vous voilà dans la peau d’un cervidé, livré à lui-même.

Cerf, m’entends-tu, où es-tu ?

Le jeu commence plus précisément en vous mettant dans la peau d’un jeune faon. Faible, ne sachant pas sauter très haut, vous vous aventurez vers la droite à la découverte des environnements naturels qui vous entourent. Peuplée de bêtes sauvages, de trous aux pics acérés, la nature n’est pas de tout repos. Le faon subit des dégâts et meurt rapidement, nous renvoyant au dernier spot de sauvegarde.

Passée une première nuit, un indicateur de jour apparaît. Au "Day 1" succède le deuxième jour et ainsi de suite, tandis que l’on continue d’avancer vers la droite et qu’au bout d’un moment les paysages nous semblent familiers. Ne serions-nous pas déjà venu ici ? N’y a t-il pas une boucle qui se crée au bout d’un moment ?

Un vieux cerf nous parle (en anglais) d’une vague prophétie, mais cela ne nous donne pas de but pour autant. Les premiers contacts avec le jeu sont donc étranges, ne sachant pas réellement ce que l’on attend de nous, faute de nous l’avoir dit. Les mécanismes du jeu doivent être compris progressivement soi-même, ce qui, vu l’opacité du système de jeu et la difficulté au début, est plus contraignant que réellement enthousiasmant.

Manuel du parfait petit cervidé

La partie qui va suivre décrit le fonctionnement du jeu, qui s’est révélé à nous au fur et à mesure. Nous avons un peu de remords à vous la présenter car sa découverte de façon brute fait pleinement partie de l’expérience.

Tout d’abord, notre faon peut évoluer et grandir jusqu’à devenir un magnifique cerf à même de sauter très haut. Il gagne également en force, avec notamment des charges meurtrières sur les autres animaux. Chaque créature tuée remplit une jauge en forme de cerf qui entraîne son évolution.

Il faut néanmoins faire la distinction entre les animaux "méchants" (serpents, araignées, renards, fauves, etc) et les animaux "gentils" (marmottes, lapins, vaches, etc). Selon ceux que vous choisissez d’éliminer, vous développez un "bon" ou un "mauvais" karma à même de débloquer des pouvoirs spéciaux sur un arbre de compétences représenté par les bois du cerf. Une fois redevenu faon, ces bois ne sont plus disponibles et il faut attendre de grandir pour y avoir accès à nouveau.

Et l’on meurt beaucoup au début du jeu. Quand la barre de vie (rouge) de notre faon ne tombe pas à zéro, c’est la barre verte de satiété qui vient nous faire défaut. L’animal doit en effet continuellement manger pour éviter de perdre rapidement de la vie. Il peut brouter des touffes d’herbe, manger des buissons remplis de baies ou encore sauter pour attraper des pommes. La troisième barre (bleue) est celle de l’endurance qu’il faut gérer pour pouvoir faire des charges sur les ennemis.

Si perdre de la vie vous fait régresser dans votre évolution, tomber dans un fossé à pic est signe de mort totale, avec retour à la dernière sauvegarde sous forme de faon. On a difficilement vu plus punitif. Malgré ces nombreux retours en arrière, les jours continuent eux de passer, créant un rythme étrange en dehors de toutes les normes, sorte de cauchemar éveillé. Heureusement, plus le temps de jeu passe et plus notre connaissance des terrains et notre agilité se développent. Les pièges sont de plus en plus évités, bien que de nouveaux ennemis ou une fosse mal anticipée puisse encore s’avérer fatals.

Sacré Graal

Il peut arriver que des jours du jeu s’enchaînent et que l’on refasse la même boucle sans trop se poser de questions. Tout d’abord pour faire évoluer son cerf (entreprise régulièrement réduite à néant donc), mais principalement parce que les environnements sont beaux, que la musique est apaisante, bref, que la balade est grisante. Faire sauter son cerf vers la droite reste par essence un plaisir brut, renforcé par les changements météorologiques et le temps qui passe. Il se crée alors le même type de plénitude ressentie par les coureurs de fond et autres randonneurs : l’incrustation dans la mémoire de paysages que l’on a arpenté de nombreuses fois.

Et puis votre intellect vous ramène à la raison : que faut-il faire dans ce satané jeu ? Un vieux druide vous demande de lui retrouver son monocle perdu dans les buissons. Une femme de lui retrouver une herbe spéciale parmi le loot des différents items de soin/caractéristiques spéciales. Un veux cerf vous invite à déloger une caverne d’un boss un peu plus imposant. Des blocs sont à pousser pour débloquer un chemin. Toutes ces petites missions sont l’élément déclencheur qui va déverrouiller la fameuse boucle évoquée depuis le début de ce test. Si certains artéfacts à placer sur une colonne majestueuse sont clairement la clé de la liberté, il est facile de passer à côté de certaines missions plus anodines et de se relancer dans la boucle infernale.

Votre chasseur parviendra t-il à purifier sa faute et rompre le maléfice ? C’est vous qui en jouant détendez la réponse à cette question !

The Deer God est une expérience atypique. Son esthétique aérée tranche totalement avec la dureté de son propos qui n’est autre que la survie. Livré à nous-même avec peu d’informations, l’intérêt du jeu réside plus dans le façonnement d’une mémoire émotive des lieux que dans la résolution des quêtes proprement dites. Avec son petit prix et sa faible durée de vie, The Deer God est un jeu rapidement attachant qui se traverse avec curiosité. La magie de la découverte fait effet jusqu’au bout. Le jeu propose quelques secrets et peut se pratiquer de plusieurs façons différentes, une rejouabilité pour les plus motivés.

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