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Test : Bayonetta

jeudi 23 octobre 2014, par RYoGA

Peut-on faire Bayonetta 2 sans jamais avoir touché au premier épisode ? Faut-il se replonger dans Bayonetta 1 pour comprendre les origines du conflit qui opposent les Lumen aux Sorcières de l’Umbra ? Qui est Cereza ? Un instant, je gobe une sucette.

Fly me to the Moon...

Lors de sa sortie en 2010, Bayonetta a rapidement été considéré comme le meilleur beat’em all de sa génération, reléguant les autres Ninja Gaiden et Devil May Cry aux rangs de has been instantanés. C’est donc avec un plaisir non dissimulé que les possesseurs de console Nintendo vont pouvoir découvrir ce titre emblématique sur Wii U.

Car non content de développer Bayonetta 2 en exclusivité sur la dernière console de Nintendo, Platinum Games a eu la bonne idée de faire un portage remasterisé de son jeu pour ceux qui voudraient faire les choses dans l’ordre. Bayonetta premier du nom sera donc disponible en dématérialisé sur l’eShop (à tarif avantageux si on a fait l’acquisition du deuxième épisode) et en duo dans deux packs à sortir physiquement dans le commerce.

La valse des versets

Tout commence dans un cimetière où nous faisons la connaissance d’une sorcière habillée en nonne. Bayonetta est flanquée de compagnons peu recommandables : l’inutile Enzo et le mastodonte Rodin, armurier des enfers. Cet endroit étrange fera office de tutoriel où l’on vous apprend les bases de combat de la belle. Coups de poings, coups de pieds, attaques au pistolet et esquives qui permettent d’arrêter le temps si effectuées au dernier moment. Une jauge de magie noire se remplit au fur et à mesure que vous attaquez et esquivez. Remplie, vous pouvez déclencher une attaque sadique particulièrement glauque ou amusante... ou les deux !

Si Bayonetta peut toujours enchaîner des pieds et poings géants en fin de combo, il manque ici l’apothéose de l’umbra développée dans le deuxième épisode. Et de se rendre compte qu’elle apporte vraiment beaucoup de fun à Bayonetta 2. Mais ne vous inquiétez pas, c’est le seul manque car sinon les QTE et les achèvements sont toujours là !

Même chose pour la technique de transformation en panthère qui n’arrivera que plus tard dans le jeu, et non d’entrée comme dans Bayonetta 2.

Bayonetta : un premier épisode fondateur

(Re)parcourir ce premier épisode après avoir fait le deuxième nous rappelle aussi à quel point Bayonetta premier du nom était déjà varié dans son déroulement, et proposait par exemple beaucoup plus de séquences de réflexion que dans le deuxième, beaucoup plus porté action. Que ce soit des portes à actionner par magie, des stèles à soulever, ou des sabliers à trouver pour remonter le temps et reconstruire des structures, Bayonetta 1 alterne les combats épiques avec des phases d’exploration un peu plus élaborées.

Techniquement aussi, Bayonetta 1 n’a pas à rougir ou se sentir dépassé par sa suite. On enchaîne les séquences en tout genre, allant de phases où l’on marche sur des sphères, à d’autres où l’on saute sur des ennemis en pleine furie, quand on ne marche carrément pas sur un missile en plein vol. Les séquences de véhicules sont beaucoup plus nombreuses, et si elles ne sont pas toujours optimales, on se souviendra que celles de Bayonetta 2 ne le sont pas toujours non plus (cf une séquence de course à la fin du jeu). Les séquences en moto ont néanmoins la grande classe.

Si la relation ambigüe avec Jeanne est au cœur de cet épisode, on n’en oublie pas pour autant les autres personnages, notamment Luka, le bellâtre inconsistant de Bayonetta 2 qui prend ici une place importante. Même chose pour la petite fille rapidement aperçue dans le 2 qui apparaît ici à part entière pour des séquences particulièrement amusantes et touchantes.

Du coup les cinématiques, même en images fixes, sont beaucoup plus intéressantes à suivre que dans le deuxième épisode. La raison en est simple : on s’attache beaucoup plus aux personnages et à ce qui leur arrive. Bayonetta est même beaucoup plus coquine et fait presque passer le deuxième épisode pour une version édulcorée (Rappelons que Bayonetta 2 est Pegi 16 tandis que Bayonetta 1 est bien Pegi 18 !). Force est de constater aussi que ce premier épisode est beaucoup plus dingue que le deuxième. Les cinématiques utilisant le moteur du jeu sont ici complètement folles et je me revois encore les regarder les yeux écarquillés et la bouche grande ouverte. Là, où, on le rappelle, l’ennui des cinématiques du deuxième épisode me faisait bailler aux corneilles (référence au PNCast S3E3) !

Des bonus pour la remasterisation

Car c’est là aussi un des intérêts (ou sacrilège selon les joueurs) de cette remastérisation : l’intégration de costumes issus des licences de Nintendo. Si Bayonetta proposait déjà aux joueurs les plus aguerris de gagner des costumes supplémentaires, Bayonetta version Wii U propose dès le début du jeu de revêtir des costumes inédits... et décalés !

Un menu secondaire permettra de se parer de costumes de la Princesse Peach, Princesse Daisy, Samus Aran de Metroïd ou encore Link version féminine pour Zelda. Votre apparence change pendant tout le jeu, des cinématiques aux zones de combat. Selon le costume, les items correspondant à l’argent changent (des pièces à la Mario pour les princesses, des rubis pour Link). Certains jingles changent comme celui de Zelda lorsqu’on ouvre un coffre avec une clé. Les animations sont changées et le gameplay légèrement modifié quand il s’agit de se rouler en boule lors de sauts avec Samus ou d’utiliser un bouclier avec Link. Les poings géant deviennent ceux de Bowser. Et apparemment le pire est à venir ! (Qui a dit Mario et son boulet ?) C’est du pur fan service. Dommage qu’il ne soit pas possible de changer en cours de partie.

En conclusion

De là à dire que Bayonetta 1 est meilleur que Bayonetta 2 il n’y a plus qu’un pas ! Si l’on devait résumer, Bayonetta 2 dispose d’une réalisation technique supérieure et de couleurs plus chatoyantes mais d’un certain manque de surprise par rapport au premier qui est lui toujours très varié dans son déroulement. Un gameplay certes plus poussé au combat et en exploration pour Bayonetta 2 (l’apothéose de l’umbra, des séquences sous l’eau) mais moins de séquences de puzzle ou de réflexion. L’histoire est, dans les deux jeux, un grand foutraque autour d’une trame qui se dévoile plus ou moins dans les deux épisodes ; elle reste intéressante dans le premier jeu et largement ennuyante dans la première partie du deuxième. Au final les deux jeux restent très semblables. On sent que le réalisateur du jeu (le producteur du premier) n’a pas voulu trop s’éloigner de la formule gagnante du premier épisode. Tout au plus l’a t-il rendue un peu plus accessible et flamboyante.


Si vous avez commencé avec Bayonetta 2 et que vous l’avez apprécié, il n’y a pas de raison de ne pas (re)découvrir le premier épisode. Ce sera une bonne manière de prolonger le plaisir et de faire une relecture des événements ! Bayonetta est un excellent titre conseillé aux amateurs (avertis) de beat’em all et de ce que le Pays du Soleil Levant a créé de plus bizarre !

Test publié sur Puissance-Nintendo !