RYoGAmeOver

gameover > Tests > Test : Animal Crossing : amiibo Festival

Test : Animal Crossing : amiibo Festival

mercredi 25 novembre 2015, par RYoGA

Présenté à l’E3 dernier, le premier jeu en haute définition de la saga Animal Crossing a immédiatement déçu de par sa nature. Au lieu d’être une simulation de vie de premier ordre, amiibo Festival n’est "qu’un" party-game. Depuis, le fait que Nintendo ne communique que très peu sur son jeu et ne le présente même pas à la presse ne pouvait signifier qu’une chose : un échec. Aujourd’hui tout le monde s’accorde à le dire. Mais loin d’être la bouse ultime raillée sur tous les réseaux, amiibo Festival cache derrière ses faiblesses des idées franchement intéressantes. Et pour tout dire, nous, on s’amuse franchement !

Test publié sur Puissance-Nintendo

Mon beeaauuu plateau, roi des navets !

Il faut impérativement une figurine amiibo Animal Crossing pour lancer le jeu. Cela tombe bien, il y en a deux dans le bundle vendu dans le commerce. Le jeu n’est pas disponible sur l’eShop pour éviter des achats malencontreux aux personnes qui ne disposeraient pas d’une ou plusieurs de ces précieuses figurines. Disney Infinity avait ouvert la voie des figurines "sésames" pour lancer un jeu. Nintendo s’y engouffre aujourd’hui à son tour.

.

Le jeu commence avec ce qui est considéré comme son mode de jeu principal, à savoir le "plateau du bonheur". Il s’agit d’un plateau de jeu de l’oie dont le but est de gagner un maximum de points de bonheur sous forme de notes de musique pour remporter la victoire. Les notes de musique (c’est bien connu, la musique rend heureux) remplacent ici les habituelles étoiles des Mario Party.

Ces notes s’obtiennent tout au long du parcours du plateau, composé de cases à franchir selon les lancers de dé. Pour lancer ce dernier, il faut poser l’amiibo du personnage que l’on a choisi sur la zone NFC du Gamepad, puis le retirer pour singer un lancer - si possible avec classe.

A l’instar des cases "Chance" d’un Monopoly, les cases sont soit des cases bonus soit des cases malus. Elles vous font gagner ou perdre des notes de musique ou de l’argent. Chaque case est l’occasion d’assister à une petite scénette narrative qui reprend une situation connue des joueurs de Animal Crossing New Leaf. Cela installe un climat de détente et faire sourire les connaisseurs. Les joueurs non familiers avec la série trouveront ces histoires au mieux charmantes, au pire inutiles.

En effet, point de mini-jeux à la Mario Party entre les tours. Les mini-jeux seront disponibles plus tard, une fois que l’on a bouclé ses premiers tableaux et que l’on accède à la place centrale. Un choix qui diffère du modèle des party-games habituels et déconcerte au début. Il faut un peu de temps pour comprendre que ce jeu de plateau au gameplay minimaliste ne joue pas dans la même cour que les Mario Party. Ici pas d’excitation, on fait quelques choix de directions et de stratégie, on lit du texte, on rigole parce que c’est décidément trop chou et craquant l’univers d’Animal Crossing, on rêve gentiment, on papote... Bref, on joue à la cool, et tout le monde dans la famille peut participer.

Le stick droit du gamepad peut être utilisé pour se déplacer sur le plateau pour prévisualiser vos déplacements. Une fois que vous avez lancé le dé vous pouvez voir ainsi quelles sont les cases disponibles, ces dernières clignotant.

L’aspect tactique se développe avec l’arrivée des personnages spéciaux qui viennent proposer leurs propres règles ou apporter des événements. La plupart des personnages sont là pour vous offrir quelque chose, comme des cartes de jeu qui remplacent ou s’additionnent au lancer de dé. Des cartes qui permettent de choisir son dé, d’éviter de perdre des notes quand vous êtes dans le rouge au niveau des sous, ou encore d’influencer le cours du navet.

L’événement navet revient chaque semaine et est de loin le plus intéressant. La vendeuse Porcella arrive le dimanche pour vous vendre des navets à un taux différent chaque semaine. À vous de choisir combien vous en prenez, en fonction de vos finances.

Le lundi, la bourse du marché s’ouvre. Chaque case se voit agrémentée d’un taux de vente. C’est là que l’on va tâcher de tomber sur les cases les plus avantageuse. Là où les cartes gagnées vont servir. Sachant que le cours du navet varie sans cesse (stabilité, pics, diminution, crash, fermeture), on s’amuse à gérer au mieux ses investissements.

Enfin, un des objectifs pour gagner pas mal de notes peut être de récupérer aux quatre coins du plateau des tampons offerts par des gyroïdes. Quatre tampons forment une image dont l’obtention est grassement récompensée.

Un plateau qui se transforme gentiment

La partie peut durer jusque trente ou trente-et-un tours, à savoir le nombre de jours dans le mois. Comptez une heure et demie si vous êtes quatre joueurs. On vous demande d’ailleurs en début de partie si vous jouez sans limite de temps ou si vous voulez fixer une limite de trente, quarante-cinq minutes ou une heure. Sachant que cette limite peut être repoussée de dix minutes plusieurs fois, et ce tant que vous n’avez pas fini le tableau, elle ne concerne que les personnes qui veulent en finir au plus vite.

Vous commencez par le mois de lancement du jeu, pour nous novembre. Par la suite le plateau se décline aux ambiances des douze mois de l’année, comptant des événements adaptés du jeu Animal Crossing : New Leaf.

Le plateau est toujours le même, néanmoins il vous sera possible de le customiser passées vos premières parties de jeu. Vous pourrez en effet importer des habitants des cartes amiibo. Ils se trouvent sur le plateau et vous pouvez les invoquer à tout moment pour lancer le dé à votre place : avec leur dé pipé ils ont plus de chance de faire un petit montant.

De plus, leurs maisons de Animal Crossing : Happy Home Designer sauvées sur cartes amiibo viennent se planter sur le plateau. Cela comprend uniquement la façade extérieure et pas le jardin, ce qui est un peu dommage. Néanmoins il vous est justement proposé de construire des bâtiments extérieurs moyennement quelques tickets de jeu, la monnaie d’échange que l’on gagne en fin de partie, en cumulant des notes de bonheur.

La construction de ces bâtiments occasionne la création de nouveaux embranchements sur le plateau, de quoi varier les parcours, avec des personnages qui peuvent se croiser (et bim ! une situation cocasse en vue !) ou tenter de prendre des raccourcis pour aller au gyroïde le plus proche...

On espère que Nintendo proposera par la suite d’autres plateaux avec des parcours un peu plus recherchés. En l’état, le plateau reste assez basique et on se concentre sur la customisation pour l’agrémenter.

Mini-jeux, une histoire de cartes

Une fois le mode de jeu plateau pratiqué deux fois, vous accédez à la place principale. Cette plazza devient par la suite le hub du jeu auquel vous accédez d’entrée de jeu. Tous les personnages des cartes amiibo que vous avez scannées se retrouvent sur la place. Vous pouvez aussi scanner votre amiibo "Villageois" pour avoir une belle statue dorée au centre à la place du gyroïde.

On y retrouve bien sûr le mode "plateau du bonheur" dans lequel on peut enfin customiser son plateau, mais aussi ses personnages amiibo. De nombreux costumes et petites émotions mignonnes sont à débloquer pour les personnages amiibo.

Il suffit de gagner des points d’expérience avec les notes de musique comptabilisées en fin de partie. Il est aussi possible d’incarner des avatars humains parmi un choix de quatre garçons et quatre filles que l’on peut renommer. Mais ces derniers ne gagnent pas de points d’expérience en fin de partie.

Les mini-jeux ont pour caractéristique de ne pas utiliser les figurines amiibo mais les cartes ! Ces dernières étant beaucoup plus nombreuses (200 actuellement chez nous, 400 à terme), elles offrent plus de possibilités interactives que les huit figurines présentement disponibles.

En effet, sur chaque carte se trouve différentes indications : un lancer de dé, un type d’animal, un pierre-feuille-ou-ciseau, une date d’anniversaire, entre autres choses. Évidemment on peut regretter que le jeu pousse encore à l’achat, même si trois cartes avec des caractéristiques différentes livrées dans le bundle sont suffisantes pour lancer les jeux. Mais les collectionneurs de ces cartes seront ravis de pouvoir les utiliser. C’est indéniable, il y a un vrai plaisir à manipuler des cartes à côté de soi et de son gamepad.

Mini-jeux, du bon et du moins bon

Vous commencez avec le mini-jeu des ballons. Seul ou à plusieurs, vous choisissez une carte amiibo que vous posez sur la zone NFC du gamepad pour faire apparaitre l’animal de la carte au dessus d’une île surplombée de ballons. Vous lâchez la carte, l’animal tombe et rebondi de ballon en ballon, récoltant des points. Oui, mais il faut absolument retomber sur l’île en mouvement pour valider et même multiplier ses points. Il faut donc jauger la chute de votre animal dont le poids entre en compte dans l’interaction avec les ballons. C’est en quelque sorte un jeu de pachinko qui obéit à la loi de la gravité et du hasard. On aime bien !

Les jeux suivants doivent être débloqués avec des tickets bonheur obtenus sur le jeu de plateau ou dans le mini-jeu des ballons. Et ainsi de suite.

"Toc, toc ! Cornimer" est un jeu qui utilise trois cartes amiibo pour définir trois directions dans lesquelles vont se déplacer votre petit groupe de trois animaux sur un échiquier. Chacun est une direction, tout droit, gauche ou droite, et il faut appliquer la carte sur le lecteur pour avancer. Objectif, récupérer des glands, éviter les pourris et aller jusqu’à la porte de sortie sans se faire toucher par Cornimer lancé à votre poursuite. Les cartes amiibo doivent s’enchainer assez vite, avec le risque de s’emmêler les pinceaux. Le problème est surtout que le scan des cartes est trop réactif et une direction peut être lue deux fois si on n’a pas enlevé la carte prestement. C’est donc assez compliqué de jouer correctement, que l’on soit seul, à deux ou à trois.

.

Le jeu de tue-taupe appelé "CenSuRe" souffre du même problème de reconnaissance de cartes. Il faut scanner la carte pour taper sur des taupes. S’abstenir sur la taupe est d’un élément de "Pierre-feuille-ciseaux" plus fort que celui qu’arbore votre personnage. Quand le rythme est lent, ça va, mais quand il s’accélère, la partie devient injouable. Dommage.

La "route fruitée" est un jeu incompréhensible. Nous n’en avons pas compris les règles. Il faut avancer de case en case sur une ligne droite pour ramasser un maximum de fruits. On choisit pour cela un nombre de dés indiqué sur la carte amiibo. Seulement il y a des trous potentiels sur le parcours et vous pouvez chuter à tout moment, sans qu’une règle se dégage. Arrivée d’entrée du second joueur sur une case ? Case finale piégée ? Joueur au panier de fruit surchargé ? Non, rien de tout cela : le hasard semble faire son œuvre. Si vous avez compris expliquez-nous. On ne semble pas passer pour autant à côté du meilleur mini-jeu de l’année. Suivant.

La "bataille de cartes amiibo" se déroule dans la tente de la diseuse de bonne aventure de la série Animal Crossing. Après avoir choisi vos six cartes amiibo (il en faut donc six) c’est une succession de manches qui opposent les différentes données des cartes (dé, horoscope, etc). C’est donc un simple jeu de hasard qui n’est jamais gratifiant, quel qu’en soit le résultat.

Heureusement quelques jeux sortent du lot. Le quizz est globalement amusant à condition que vous soyez fan de l’univers Animal Crossing et plus précisément le jeu New Leaf. En effet le quizz correspond à une série de questions sur le jeu au travers de ses personnages, insectes, poissons, œuvres d’art, vêtements que vous devez reconnaître ou classer par ordre de grandeur. Le quizz manque un peu de dynamisme, le gamepad d’ergonomie à cause des multiples réponses, quand les questions n’apparaissent carrément pas à l’écran, mais l’expérience n’est pas à jeter pour autant.

Simple mais efficace, le jeu "Campement du bonheur" est une adaptation du jeu de plateau "MasterMind". Après avoir choisi six cartes, il faut retrouver les quatre qui ont été choisies par l’ordinateur et retrouver leur bon ordre. Ici on a des animaux qui sont dans des tentes sous un fond de ciel étoilé. De la réflexion est en vue ! On adore !

Le meilleur pour la fin !

La surprise de amiibo Festival vient du mini-jeu "Évasion de l’île déserte" qui est de loin le meilleur jeu. Meilleur que le plateau qui est considéré comme le mode de jeu principal. Il utilise les cartes amiibo et non pas les figurines, ce qui l’a peut-être empêché de devenir l’ambassadeur du jeu. Au début du jeu on choisit trois cartes : les animaux vont devenir vos explorateurs (et on repose les cartes, elles ne servent pas en jeu).

Les cartes sont classées en différents groupes d’explorateurs qui ont chacun un talent caché. C’est là que la possession de plusieurs cartes amiibo s’avère intéressante, d’autant que trois niveaux de difficulté et un total de trente niveaux sont disponibles ! Le concept aurait presque pu devenir un jeu à lui tout seul vu le challenge proposé.

Vos trois explorateurs ont un nombre limité de jours pour s’échapper d’une île déserte. Ils doivent récupérer des matériaux pour confectionner un radeau. Ces outils se trouvent cachés sur des cases qu’ils explorent en long en large, sachant que chaque personnage a un nombre de pas limité. Chaque explorateur a droit à une marge de manœuvre par jour. la journée finie, les compagnons mangent une ration de survie et dorment jusqu’au lendemain. Les vivres limitées sont donc un autre facteur de temps à prendre en compte, sous peine d’échouer et de devoir tout reprendre.

Il faut donc également gérer les ressources alimentaires sur place, en explorant des cases où se trouve de la nourriture (poissons, fruits, miel, etc). Des situations catastrophiques peuvent aussi être rencontrées comme des trous dans lesquels les personnages tombent, des ruches explosives ou encore des mille-pattes féroces. Affecté, votre personnage ne continue pas sa route, même s’il lui restait des points de déplacement. Les combats ou le nombre des récoltes se jouent à la roulette, avec un facteur chance qui peut être amélioré si vous possédez le bon talent (lié au personnage) ou la bonne arme (confectionnée le soir dans la tente en fonction des petits matériaux trouvés).

Ce jeu promet une centaine de parties passionnantes pour ceux qui voudraient aller au bout. Les niveaux experts nécessitent une bonne maîtrise des enjeux, de la chance et un bon choix des talents des personnages des cartes amiibo pour réussir.

Conclusions

Jouabilité
Difficile de parler de jouabilité puisque les sticks et les boutons sont utilisés pour un gameplay minimal (direction, valider, annuler) sans failles. On parlera ici plutôt d’ergonomie dans l’utilisation de l’écran tactile et du lecteur NFC.

Ergonomie
C’est un plaisir de manipuler des objets pour jouer. De ce côté là, c’est réussi. La reconnaissance des cartes est parfois trop sensible, ce qui empêche de jouer correctement à deux/trois des mini-jeux.

Durée de vie
Les parties de plateau sont plutôt longues. Il faut quelques heures pour débloquer tous les mini-jeux de la place. Pour customiser votre plateau vous devrez gagner des tickets supplémentaires. Le jeu de l’île et ses trente niveaux peut vous occuper un bon moment. Si vous aimez le genre, c’est une bonne pioche donc.

Graphismes
Le point fort du jeu qui arrive à restituer parfaitement l’univers de Animal Crossing en HD pour la première fois. On regretterait presque de ne pas avoir un portage de New Leaf (à défaut d’avoir un nouveau jeu).

Son
Comme pour les graphismes, l’ambiance sonore est réussie. Fidèle, charmante, festive. On se demande juste ce qu’un thème de Yoshi fait dans la bande-son (quand Hélium arrive sur le plateau présenter sa règle).

Intérêt
C’est bien là tout le dilemme de amiibo Festival qui cible les enfants, les parents non joueurs, les fans d’Animal Crossing et/ou les fans de jeux de plateaux. Le mode principal du jeu est moyennement intéressant. Certains mini-jeux sont ratés. Un très réussi. Il faut des figurines et plus de cartes pour approfondir les choses. Les fans de Monopoly, d’amiibo et de Animal Crossing (ça existe, on en fait partie !) sont dans leur élément : nous nous amusons avec amiibo Festival !

Peuvent passer leur chemin : ceux qui fuient ou dorment pendant les parties de Monopoly, les fans d’Animal Crossing qui voient ce jeu comme une trahison ou encore les experts qui apposeront un carton rouge dès le moindre mini-jeu raté détecté.

Restent : les personnes qui aiment les jeux de plateau autour desquels on peut discuter sans se prendre la tête, rire et jouer en famille, les fans d’Animal Crossing trop content de retrouver l’univers et les personnages en HD, en amiibo et cartes interactives à manipuler et collectionner, les fans de mini-jeux débiles et imprécis à la Pokémon Stadium à faire entre amis (tout en hurlant bien sûr) et les fans de Captain Toad (parce que même si le mini-jeu de l’île n’a rien à voir dans les règles, le rythme et le côté réflexion me fait penser à notre cher explorateur).

Au final

Un jeu de plateau au rythme particulier, des mini-jeux inégaux dont un clairement au dessus du lot. Nintendo réussit pourtant à créer une expérience audacieuse et inédite à base de figurines et de cartes connectées dans un univers joli et charmant au possible destiné aux fans d’Animal Crossing, mais aussi à toute la famille. Seulement voilà, êtes-vous du genre à aimer le jeu de l’oie, le Monopoly, le MasterMind, les Pachinko, Tue-Taupes et autres Quizz, des jeux plutôt lents qui n’ont rien à voir avec les parties frénétiques des Mario Party ? Nous oui, et le jeu est un coup de cœur. Si non, passez tout simplement votre chemin. Nous on retourne baver des ronds-de-chapeau dans cet univers coloré !

1 commentaire

  • #
    1er décembre 2015  02:39

    Je m’y suis franchement amusé alors que je m’attendais VRAIMENT au pire, les tours de jeux ont défilé à toute vitesse, et c’est tellement simple à jouer, et si chou !