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Test : Bravely Default

mardi 14 janvier 2014, par RYoGA

Test originellement publié sur Eurogamer.fr !

L’histoire en deux mots

Bravely Default est un RPG qui propose une aventure dans les règles de l’art. Un héros qui vient de perdre son village dans un cataclysme. Une héroïne qui doit protéger des cristaux, source de vie. Une jeune fille qui se rebelle contre l’autorité des ses supérieurs. Un bellâtre ayant perdu la mémoire et qui dispose d’un grimoire où sont relatées de potentielles futures aventures. Tout ce petit monde se retrouve et se rallie à la cause de Agnès Oblige (l’héroïne), grande prêtresse dont la mission est de protéger le cristal du vent qui vient d’être englouti par les ténèbres. Le petit groupe se mettra rapidement en quête du réveil des quatre cristaux de la contrée de Luxendarc, affrontant au passage les armées d’Eternia, dirigée par le père d’Edea, la jeune rebelle.

C’est la fin du monde !

Le RPG sous son meilleur jour

Bravely Default nous propose de diriger notre personnage en 3D sur une grande carte où se trouvent les lieux et autres embranchements. On entre dans les villes et découvre de fabuleux environnements, que l’on prend plaisir à découvrir dans leur intégralité en ne touchant plus à rien : un dézoom révélant alors le magnifique panorama. Les combats se déroulent dans une scénette à part, dynamiquement mise en scène. Les affrontements ont lieu au tour par tour et se basent sur des points d’action que l’on décide d’utiliser pour se jeter dans l’action ou d’économiser pour résister aux assauts ennemis. Sachant qu’on en récupère un à chaque tour, il s’agit d’adapter son comportement face aux tactiques adverses. De nombreuses armes, magies et techniques sont à obtenir en fonction des classes que choisissent les personnages. Au nombre de 24, chacune d’entre elle, en plus d’avoir un costume classe, permet de développer et d’utiliser des techniques consommant plus ou moins de points d’action. À vous de voir comment vous gérez votre équipe et vos quatre personnages, entre le bourrin, le guérisseur, l’utilisateur de techniques de soutien ou d’attaques spéciales. Vu le nombre de "jobs", les possibilités sont nombreuses. Chaque personnage victorieux gagne en fin de combat de l’expérience pour augmenter son niveau, de l’argent et des points de compétence pour faire évoluer les niveaux des classes à même de développer des attributs supplémentaires.

Agnès : "C’est inacceptable !

Des dialogues très taquins

RPG et gestion

Les menus de Bravely Default sont très complets et il vous faudra quelques heures pour en maîtriser tous les aspects. Ce ne sera par exemple qu’au bout de quelque temps que vous prendrez conscience qu’il est possible de customiser des effets sur chacun des types d’armes disponibles dans le jeu. Ces effets seront obtenus en récompense d’un mini-jeu de gestion qui s’avère vite être très prenant : la reconstruction du village de Norende. Accessible rapidement dans l’histoire, il est disponible à tout moment depuis le menu tactile et consiste à placer des villageois à la reconstruction de chacun des bâtiments du village. Ces villageois s’obtiennent directement par le jeu en bonus mais surtout via streetpass ! Chacune des personne possédant le jeu que vous croiserez dans la rue vous enverra automatiquement un personnage pour vous aider dans votre tâche. Chaque villageois réduisant le temps de construction de chaque bâtisse, à vous de voir si vous voulez placer tous vos pions sur une même case ou si vous voulez les répartir. La particularité de ce jeu est qu’on peut laisser la console en veille pour que les décomptes évoluent pendant votre absence ! Voilà un jeu qui va vous amener à laisser la console "allumée" en permanence ! Les cadeaux à la clé seront très nombreux et utiles, d’autant qu’une fois une maison construite, elle continuera à vous livrer son contenu ad vitam eternam pour ce qui est des objets. On notera enfin la possibilité de se lier d’amitié avec des amis qui jouent aussi à Bravely Default : l’attaque qu’ils auront enregistrée pourra être utilisée en combat une seule fois d’ici à ce que la rencontre se fasse de nouveau et soit actualisée. Si Streetpass fonctionne, le système en ligne ne marche toujours pas, et ce même de nombreuses semaines après la sortie du jeu, une erreur s’affichant à la place. Dommage.

Un système de combat classique avec beaucoup de nuances

Le journal de D.

Sans trop en dévoiler de l’intrigue, revenons sur ses personnages et notamment le joli-cœur Ringabel qui a perdu sa mémoire et dispose d’un énigmatique journal dans lequel vous pouvez consulter toute l’encyclopédie du jeu (à débloquer au fur et à mesure néanmoins) mais aussi un étrange manuscrit qui relate les aventures de personnages familiers. Il est possible de choisir de faire le jeu sans s’attarder sur ces pages. Mais les parcourir renforce le sentiment étrange que votre aventure a déjà été vécue d’une manière relativement différente par des personnes qui vous entourent. Ce mystère plane sur toute la première partie du jeu, s’amusant ça et là à brouiller les pistes du joueur qui assiste progressivement à des révélations de toute sorte.

L’aventure sera riche en rencontres. Les soldats à la solde de l’armée Eternienne, tout comme de nombreux personnages dans des lieux exotiques, auront des caractères très différents. Même si les enjeux sont graves (le monde se détruit et les peuples s’entredéchirent), les personnages restent drôles et truculents. Ringabel est un charmant séducteur qui n’en rate pas une auprès de la gente féminine, au grand dam de la prude Agnès ("c’est inacceptable" ne cessera t-elle de se plaindre) et de l’hystérique Edea, personnage adolescent dans toute sa splendeur. Il faut savoir que dans la version originale les personnages ont entre 15 et 17 ans et sont tout à fait représentatifs des clichés que l’on retrouve dans les animés japonais. Cela ajoute une touche de bonne humeur à un titre qui ne manque pas une occasion d’être très sombre. Pour le reste, "Where the Fairy Flies". On vous aura prévenu !

Airy, toujours là pour vous dire quoi faire. Peste !

RPG à la carte

Comme dans tout bon RPG, il va falloir s’attendre à faire du leveling (combattre des ennemis à la chaîne juste pour augmenter son niveau) pendant plusieurs heures. Particularité de ce RPG : vous pouvez gérer plusieurs aspects de l’interface. En effet, il est possible pendant les combats d’accélérer leur rythme. Si vous le choisissez, ils prendront une allure de magnétoscope en accéléré ! Effet renforcé quand vous décidez de mettre le combat en mode automatique : après avoir choisi vos attaques, le bouton "y" vous permet de passer en mode auto. Tout le monde enchaîne ses attaques à vitesse grand V ! Une option à n’utiliser que si vous êtes sûr d’être plus fort que vos adversaires, sous peine d’envoyer tout le monde au tapis. Dernière possibilité fortement appréciable : celle de choisir à tout moment son mode de difficulté (entre difficile, normal et facile) et la fréquence des combats. Pratique quand on ne veut pas se prendre la tête à explorer un donjon en étant assailli à chaque mètre ou quand on veut rejoindre une auberge alors qu’on est à bout de souffle. Cela est aussi bien pratique quand on décide de faire uniquement du leveling, après avoir trouvé un endroit approprié. Libre à chacun d’ajuster ces paramètres, sachant que de base la difficulté du jeu est assez élevée.

Des micros-transactions ?

Bravely Default dispose d’un très discret système de micro-transactions. Il consiste à acheter des tours d’attaques spéciaux. Appelés "Bravely Second", ces tours arrêtent le temps pour vous permettre de déchaîner votre furie. En temps normal, ces tours spéciaux se rechargent d’eux-mêmes via un petit sablier dans le menu principal. À vous de voir si vous avez besoin de ça. Une intégration heureusement très discrète qui, d’après les équipes du jeu, n’a pas l’air de marcher. Espérons que Square Enix ne transforme pas cet essai en quelque chose de plus essentiel par la suite.

Les avis et conclusions du rédacteur

Réalisation : Bravely Default en impose sur 3DS, avec une réalisation ambitieuse et soignée jusque dans ses moindres détails. Les décors, dessinés, sont magnifiques. La galerie de personnages attachants avec la multitude de costumes très classes. Les musiques sont enchanteresses et euphorisantes. Les doublages américains et japonais de qualité (surtout en jap !). Les riches menus sont bien présentés. Si on est fan de RPG jap oldschool, on ne peut être que ravi : Bravely Default condense le meilleur du genre pour un titre parfaitement calibré et au goût du jour.

Avis du rédacteur : EXCELLENTE

Intérêt et mécaniques de jeu : Complexes, les mécaniques seront calmement expliquées au fur et à mesure de l’aventure. Un tutorial sous forme de défis permet d’approfondir les bases. Les menus, fouillés, n’auront plus de secrets pour vous au bout de quelques heures de jeu et vous gérerez les objets et les magies comme personne. Le système de jobs est particulièrement vaste avec pas moins de 24 jobs à faire leveler chacun jusqu’au niveau 14. Le très grand nombre d’objets et de techniques stratégiques sauront occuper les joueurs les plus passionnés. Le petit jeu de gestion qui consiste à rebâtir un village est passionnant et bien pensé. On y accueille des monstres supplémentaires par streetpass ou spotpass.

Avis du rédacteur : EXCELLENT

Durée de vie : Elle est énorme. Rien que pour finir l’histoire il faut au moins une soixantaine d’heures de jeu, au cours desquelles on a pas envie de décrocher, afin de connaître le sort de nos amis. Il y a beaucoup de quêtes annexes. Découvrir la véritable fin demandera quelques dizaines d’heures de jeu supplémentaires, critiquables sur la forme car nous faisant refaire plusieurs fois une même partie du jeu (avec quelques nuances scénaristiques). C’est au cours de cette seconde partie que l’on s’attèlera à monter les niveaux des personnages au level 99 et les classes au niveau 14. Et après cette centaine d’heures de jeu il reste encore des choses à faire si l’on veut affiner son matériel et être capable d’affronter les boss ultimes. Un New Game + qui reprend toutes les données acquises est disponible après avoir achevé la véritable fin.

Avis du rédacteur : EXCELLENTE

Points forts :

• Son univers mature : drôle, cruel, touchant, désespéré. Les dialogues très riches contribuent à l’épaisseur de ce monde et à l’attachement aux personnages.

• La possibilité de gérer la difficulté et la fréquence des combats aléatoires à sa guise.

• Graphismes dessinés magnifiques

• Musiques qui resteront

• Combat en 3D (et relief) qui en imposent

• Le jeu de gestion du village

• Les interactions (réalité augmentée, streetpass et spotpass utiles)

• Durée de vie incroyable (presque trop !)

• Un scénario qui vous tient en haleine et des révélations finales jubilatoires

Points faibles :

• Moins épique qu’espéré. (le titre est plus lyrique).

• Un choix scénaristique discutable passé la première partie du jeu. Cela se comprend et s’accepte par la suite, mais pendant qu’on y est c’est un peu pénible.

• Les données actualisées par Internet qui ne marchent pas.

Ce qu’il faut en retenir : « Bravely Default est sans conteste le meilleur RPG créé depuis bien des années. Il ravira les fans du jeu et passionnera les nouveaux joueurs qui découvriront un titre de toute beauté et à même de les entraîner dans une aventure très attachante. Après, comme tous les RPG, il ne faudra pas avoir peur de leveler pendant des heures pour faire de son équipe la plus forte, quitte à refaire plusieurs fois les mêmes choses. »