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Rhythm Thief : t’as le look ou le rythme Coco ?

jeudi 3 mai 2012, par RYoGA

Les jeux de rythme ne sont pas légion sur consoles portables. Quand on a la chance d’en trouver un qui soigne son univers tout en lorgnant vers Professeur Layton, notre curiosité s’en retrouve grandie ! Mais faut-il pour autant sauter le pas ?

Test publié sur Puissance-Nintendo

Un nouveau héros : Fantôme R. !

Le jeune Raphaël vit dans un modeste appartement de Paris. Avec son chien Fondue, il cache un lourd secret : il n’est autre que Fantôme R., un voleur activement recherché par la police pour avoir volé (puis remis en place) des œuvres d’art issues des plus grands musées de Paris. Le voilà d’ailleurs sur la piste d’un bracelet exposé au Louvre qui arbore le même emblème que celui de la pièce que lui a laissée son père parti trois ans auparavant. C’est le début d’une grande aventure !

La première chose qui frappe avec Rhythm Thief est la qualité de sa mise en scène. L’histoire vous est présentée au moyen de dessins animés du plus bel effet. Ils seront nombreux à rythmer l’aventure. Le doublage est intégralement en français et de très bonne qualité. Autant le dire tout de suite : c’est un véritable plaisir de suivre les aventures du jeune dandy Fantôme R. et de ses amis.

Mais qu’en est-il du jeu ?

Une interface soignée

Rhythm Thief est une aventure graphique et narrative dans laquelle viennent s’inviter des sessions d’énigmes et des mini-jeux de rythme.

Vous déplacez Raphaël sur la carte d’un Paris stylisé pour aller d’un point à un autre des différents temps forts de l’histoire. On retrouve ainsi quelques-uns des lieux les plus emblématiques de la capitale, mais aussi plusieurs de ses rues, dépeintes avec une amusante fidélité. À chaque tableau, on utilise son stylet sur l’écran tactile pour interagir avec les décors et les personnages.

Raphaël - ou Fantôme R. selon les besoins de l’histoire - interroge des personnages que l’on croirait tout droit sortis du film d’animation "les Triplettes de Belleville". Là, les textes défilent. La plupart du temps, le simple fait de parler à un personnage ouvre la suite du parcours. Il arrive néanmoins qu’il faille trouver dans les tableaux alentours un son à même de faire réagir une personne. Enregistré avec votre dictaphone, le son vous permettra de débloquer une situation : le bruit d’un hochet calmera les pleurs d’un bébé ; sa mère sera plus coopérative. L’aboiement d’un chien fera fuir le policier craintif. Les solutions sont toujours suggérées et les éléments à récolter ne sont jamais bien loin.

En plus de tous ces échanges, il est possible de trouver des médailles ou des partitions cachées dans les tableaux. Il suffit la plupart du temps de tapoter les éléments majeurs de la scène avec le stylet. Les médailles permettront d’acheter du contenu multimédia dans les menus mais serviront aussi dans les jeux de rythme. Les morceaux de partition feront l’objet d’une quête annexe facultative.

À certains moments de l’aventure, des énigmes vont seront proposées. Souvent dans le but d’ouvrir une porte, elles ne solliciteront pas tant vos neurones que vos réflexes et déductions de base. Trouver une couleur ou un symbole ne sera jamais bien difficile. Il suffira de sélectionner la réponse lors d’un timing que l’on rate souvent au premier coup mais que, faute de pénalisation, on réussit au tour suivant.

Tu m’as pourri mon groove !

Tout cela est bien beau, mais le propre d’un jeu de rythme... ce sont bien les jeux de rythme !

On commence donc par un tout-à-fait classique jeu de danse où il faudra prendre la pose après deux autres danseurs, et ce en donnant une impulsion du stylet dans la bonne direction. Un petit symbole, que l’on peut activer ou désactiver à loisir avant chaque jeu, vient vous rappeler le bon timing. Chaque enchaînement augmente une barre de groove qui chutera au moindre faux pas. L’épreuve est notée sur une échelle de A, pour la meilleure note, à E pour les joueurs qui auront réussi de justesse.

Les jeux suivant vous entraîneront dans des situations plus ou moins rocambolesques, souvent totalement absurdes (le chien Fondue y est d’ailleurs souvent pour quelque chose !) C’est de cette manière que vous vous retrouverez à devoir vous cacher derrière des statues colorées, à sauter sur des lanternes ou encore à faire quelques échanges de ballon de foot.

À la variété des situations viennent s’ajouter différentes façons de jouer. Si la plupart des jeux utilisent des combinaisons de deux boutons à alterner, d’autres utilisent le stylet. Il peut aussi vous être demandé de pencher la console sous différents angles. Les règles ne sont jamais les mêmes.

Ce qui pourrait sembler comme une qualité s’avère de fait un véritable chemin de croix. Les règles annoncées avant les mini-jeux ne sont jamais très claires et il est plus que certain que le joueur va s’y casser les dents. Il arrive parfois que l’on ait à peine le temps de comprendre ce qui se passe que la manche est terminée ! Une frustration quasiment systématique. Vous voilà donc à refaire plusieurs fois les épreuves afin d’arriver à en saisir le concept, totalement noyé par une mise en scène grandiloquente.

Car si toutes les épreuves sont sujettes au respect d’un certain rythme, celui-ci peut être lié à des éléments totalement disparates. Faut-il écouter la musique ? Les bruitages ? Faut-il prendre en compte ce que l’on voit ? Très vite on ne sait plus sur quel pied danser. Si l’on trouve quelques épreuves directement liées à la musique comme les phases de violon ou de maracas, d’autres comme des combats à mains nues, à l’épée, ou même à l’arme blanche sont plus portées sur l’action. Il vous faudra alors lutter contre votre intuition de tirer à vue pour ne dégainer qu’au seul rythme imposé... quand le coup veut bien partir.

En effet, toute question de rythme soit-il, jamais la réactivité aux commandes n’a paru aussi approximative. Le voleur serait-il un bluffeur ? Le joueur lui s’en sort comme il peut. Il passe l’épreuve sans avoir maîtrisé grand chose, un peu comme lors du premier match d’un jeu de baston dont les personnages n’auraient ni bras ni jambes. Les médailles ramassées dans tous les pots de Paris permettent de limiter la casse en dopant un peu votre jauge de groove.

Libre au joueur de revenir aux épreuves débloquées pour tâcher d’augmenter son rang. Rhythm Thief n’est pas avare en options et de nombreuses choses sont à débloquer, et propose même des duels en local. Le mode StreetPass est l’occasion d’échanger des scores et de récolter l’adhésion de vos futurs fans.

"Rhythm Thief" d’un côté, "les mystères de Paris" de l’autre. Si l’univers créé pour cette histoire remporte l’adhésion, toute la partie gameplay est beaucoup moins satisfaisante. On passe à travers les balles pour continuer de savourer l’histoire.