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La saga Pokémon

lundi 8 juin 2015, par RYoGA

Voilà un article que j’avais envie d’écrire depuis un sacré bout de temps ! Revenir sur la saga Pokémon n’est pas une mince affaire, ce ne sera pas forcément exhaustif, néanmoins j’avais envie de raconter cette quête incessante que je refais depuis plus de quinze ans : devenir le meilleur dresseur et les capturer tous !

Un jeu dans lequel personne ne croyait au départ. Selon la légende, le concept du créateur Satoshi Tajiri aurait d’abord été refusé par Sony, avant d’être finalement validé par Nintendo. Enfant, Satoshi s’amuse à observer son élevage de criquets. De là lui viendra l’idée d’un jeu basé sur l’échange de monstres élevés par des dresseurs. Ces créatures aideront les dresseurs à parcourir la contrée et vaincre leurs adversaires. Un jeu d’aventure-RPG dont le but ultime est d’atteindre la Ligue Pokémon et capturer les 150 créatures ! Le câble link permet de connecter deux Game Boy entre elles pour que les joueurs puissent s’échanger les créatures capturées. C’est le studio Game Freak qui se charge du développement.

Le carton du premier jeu

Sorti en 1996 au Japon, Pocket Monsters sort en deux versions (Vert et Rouge) comportant d’infimes différences. Le jeu devient un carton colossal et se voit rebaptisé Pokémon. Un jeu de cartes et une série animée sont produits. En Europe, il faut attendre la sortie du jeu en novembre 1999 en deux versions aussi : Pokémon Bleu et Pokémon Rouge. Le dessin-animé est diffusé en janvier 2000 et fait grand bruit.

Je découvre tout d’abord la série au travers d’un article dans Player One courant été 1999. On y parle du phénomène Pokémon au Japon, mais les visuels ne sont pas particulièrement attrayants. Il faut attendre la vague de publicités papier dans les magazines avec les visuels des Pokémon pour que ma curiosité soit attisée. Je prends le jeu (version Rouge) et n’en décroche plus. J’y joue toute la journée, même en cours. Le concept est super addictif. La publicité fait rage. Et on est même pas encore à l’ouragan qui va déferler avec l’arrivée de la série télévisée. Pokémon devient un phénomène de mode, avec ses adorateurs et ses détracteurs. Impossible d’y réchapper.

Le dessin-animé a tellement de succès qu’une nouvelle version du jeu va sortir, Pokémon Jaune (en 1998 au Japon et 2000 en Europe). Pikachu est devenu le Pokémon emblématique : il suivra donc le héros derrière lui à tout moment. Les méchants du jeu, la Team Rocket, sont précisés dans la nouvelle version : ce seront Jessie et James, de l’animé. Le premier film cinéma, Mewtwo Contre-Attaque, fait un carton dans le monde.

La deuxième génération

C’est toujours sur Game Boy, mais en version Game Boy Color que sortent les jeux suivants. Pokémon Or et Pokémon Argent. Le titre étant sorti fin 1999 au Japon et en avril 2001 en Europe, on peut dire qu’on l’a longtemps attendu. D’ailleurs, je confesse que j’ai (un peu) joué à la Rom qui était disponible sur le net courant 2000. C’était en japonais, je ne comprenais rien, et surtout je ne voulais pas perdre du temps à élever des Pokémon pour rien, donc je n’ai pas creusé.

100 nouvelles créatures viennent rejoindre les 151 premières. Le jeu propose un cycle jour-nuit en temps réel pendant lequel les Pokémon disponibles dans les herbes sauvages changent en fonction de l’heure. Des événements ont aussi lieu en fonction des jours de la semaine. Les baies, les œufs et la pension font leur apparition. Les trois légendaires vous fuient sur la carte. La grosse surprise de cet épisode c’est qu’après avoir parcouru Johto et battu la Ligue, toute la carte de Kanto se dévoile ! On peut ainsi refaire entièrement le premier jeu dans la foulée ! Incroyable. La version supplémentaire, Pokémon Cristal, sort quelques mois après et rajoute quelques options dispensables.

Parmi les premiers spin-off, Pokémon Stadium (2000) et Pokémon Stadium 2 (2001) sortent sur Nintendo 64. Les titres proposent une compilation de mini-jeux et des combats en arène en 3D assez impressionnants pour l’époque (avec une voix-off mordante en français !). Un adaptateur qui vient se loger dans la manette de la Nintendo 64 permet d’y insérer une cartouche Game Boy, en l’occurrence un jeu Pokémon, et d’y jouer sur la télévision. Il est même possible de jouer en accéléré, pratique pour faire du leveling ! Nos Pokémon Game Boy peuvent servir dans les combats 3D du jeu et être stockés dans Pokémon Stadium. Par contre attention à ne pas supprimer sa sauvegarde du jeu portable, sous peine de voir les créatures perdues à jamais dans le stade.

Troisième génération

Le phénomène Pokémon, qui était au plus haut, commence à se tasser un peu, pour ce qui est du grand public qui ne s’intéresse qu’à la série ou aux films. Le nouveau jeu est prévu pour la Game Boy Advance et est lui fortement attendu. Tous les produits dérivés se tournent vers la nouvelle création. Pokémon Rubis et Saphir sort en 2003 sur la première GBA, son écran illisible si ce n’est au soleil ou sous une lampe !

Première tragédie : les Pokémon des deux premiers volets ne sont pas transférables dans Rubis/Saphir. Adieu donc les 251 créatures patiemment récupérées et entraînées au fil des ans. Si la GBA dispose d’un port cartouche pour lire les jeux Game Boy, aucun moyen de récupérer ses Pokémon. Les développeurs ont vraisemblablement voulu repartir de zéro pour éviter les Pokémon clonés précédemment. La nature même des Pokémon de cette génération qui disposent de statistiques et pouvoirs beaucoup plus élaborés les rendent incompatibles.

Alors soit, on repart de zéro et on découvre une troisième génération composée de Pokémon un peu ternes, loin de la bonhommie communicative des créatures précédentes. Peu de réelles nouveautés, en dehors des combats à deux contre deux. Le câble link de la GBA permet d’échanger les Pokémon entre versions GBA. Le constat final est mitigé : la saga commence à s’endormir sur ses lauriers. La version Pokémon Émeraude sort quelques mois après et n’apporte que quelques améliorations d’ordre pratique et scénaristique.

À noter qu’il est possible de transférer ses Pokémon via le câble de connexion GBA / Gamecube vers le jeu Pokémon Box sur Gamecube (en l’occurrence votre carte mémoire). Très bien fait et pratique, on peut transférer toute une boite d’un coup et même effacer la sauvegarde du jeu d’origine sans que les Pokémon transférés ne disparaissent : on peut donc refaire le jeu GBA pour obtenir de nouveaux Pokémon et les transférer à loisir sur sa sauvegarde.

Si le jeu Game Boy Advance s’avère décevant, c’est sur Gamecube qu’il faut chercher le grand frisson. Durant l’été 2004 Pokémon Colosseum est le premier RPG-aventure en 3D. Le concept d’exploration est limité à des villes desquelles on navigue en moto via des cinématiques. Points de Pokémon sauvages dans les herbes mais des Pokémon envoutés à reprendre des mains de leurs vilains dresseurs. L’aventure est assez longue, remplie de surprises et de championnats. On y capture même un Lugia, légendaire de Pokémon Or qu’il n’est pas possible d’avoir autrement alors. (à noter qu’une suite faiblarde, Pokémon XD, sort fin 2005).

Fin 2004 marque l’arrivée du premier remake de la série. Pokémon Vert-Feuille et Rouge-Feu adapte le tout premier épisode aux normes de Rubis / Saphir. Les jeux, très réussis au demeurant, sont accompagnés d’un adaptateur sans fil pour faire des combats avec des adversaires en face de soi sans câble link, en infrarouge. Le procédé marche mais arrive un peu tard. Il est enfin possible d’avoir les trois générations (presque complètes) sur une seule cartouche. C’est aussi l’époque à partir de laquelle les spin-off vont éclore un peu partout (Pinball, Dash, Channel, Ranger, etc).

Quatrième génération

En 2007 la Nintendo DS est sortie depuis deux ans et les fans peuvent enfin découvrir la nouvelle génération de Pokémon.

Pokémon Diamant et Perle disposent d’une réalisation datée. Les graphismes, même s’ils ajoutent quelques effets de 3D sur les bâtiments, sont quasiment semblables aux derniers épisodes sortis trois-quatre ans plus tôt sur la précédente génération de console. Les risques, si l’on peut parler de risques, ont été pris avec le passage à une interface tactile pour les actions des combats et la gestion du menu (où l’on affiche tous les gadgets inutiles possibles : calculette, podomètre, etc), mais surtout par l’instauration d’un système de combats et gestions de Pokémon en ligne. Le Wi-fi Connexion de la Nintendo DS ouvre le monde des Pokémon à l’Internet avec ses avantages (possibilité de trouver des adversaires n’importe quand depuis chez soi) et ses inconvénients (on tue tranquillement l’aspect convivial du titre). Quelques mois plus tard une version alternative "Platine" vient ajouter les habituelles nouveautés dont une tranche de scénario supplémentaire et une nouvelle zone.

Pour ce qui est des spin-off, sortent alors Pokémon Donjon Mystère à la fois sur Game Boy Advance et Nintendo DS. Des Donjons-RPG honnêtes.

Pendant ce temps sur Wii, la série Pokémon récolte des miettes. Pokémon Battle Revolution n’a de révolution que le nom : il ne s’agit que d’un mode de jeu de combats en ligne (lui aussi fraîchement débarqué sur la console de salon), absolument inutile. Une tristesse quand on repense aux Pokémon Stadium qui proposaient tout un tas de contenus (mini-jeux, jeu Gameboy) ou pire, Pokémon Colosseum.

Nintendo n’en est qu’aux balbutiements d’Internet sur Wii et lance la plateforme de téléchargement en ligne, le WiiWare. On y trouvera Pokémon Ranch, une sorte d’application de stockage de Pokémon. Elle s’apparente à Pokémon Box, en moins pratique, mais évoluée techniquement : vos Mii et Pokémon se baladent dans le ranch, prêts à vous épater avec leurs formations. Cela permet au moins de stocker toutes les créatures et de libérer un peu les cartouches (et obtenir un Mew quand on remplit le ranch) !

C’est en 2010 que l’on retrouve un nouveau Pokémon sur Nintendo DS. Il s’agit des remake de Or et Argent avec Pokémon HeartGold et SoulSilver. Nintendo sort les deux jeux en boite collector avec un podomètre qui permet d’élever un de ses Pokémon avec nos propres pas. Les graphismes sont toujours en 2D, les bâtiments conservent leur effet 3D et tous les ajouts de Diamant/Perle, ce qui en fait un des plus jolis et complets épisodes en 2D. Comme dans Pokémon Jaune, notre premier Pokémon nous suit en mode exploration, ce qui implique que tous les sprites des Pokémon aient été modélisés à cette occasion.

Cinquième génération

Après avoir usé des remakes et des spin-off en tous genre, Game Freak veut renouveler l’aura de la série principale. C’est après un teasing intense que sortent en 2011, sur Nintendo DS toujours, Pokémon Noir & Blanc, et ses 150 toutes nouvelles créatures. Les précédentes sont compatibles et exportables mais ne figurent pas d’emblée dans ce nouvel épisode qui introduit des personnages charismatiques accompagnant le héros au cours d’un scénario un peu plus élaboré que d’habitude.

La 3D se fait beaucoup plus présente dans certaines villes avec les bâtiments très élevés. Une sorte d’effet à la Mode 7 (de la Super Nintendo) anime les certains décors. De même les combats, jusqu’alors en écrans fixes, sont dynamisés par des mouvements de caméra. En contrepartie, les sprites des Pokémon redevenus pixelisés en souffrent (alors que les derniers épisodes 2D les rendaient pourtant de plus en plus fins).

La Nintendo 3DS est sortie et l’on s’attend à un épisode "Gris". Mais voilà que sont annoncés non pas une mais deux suites, Pokémon Noir 2 et Blanc 2 ! Ils sortent l’année suivante et poursuivent le scénario plein de bonne humeur développé dans le précédent. Après quatre séries de jeux sortis sur Nintendo DS, il est plus que temps de passer sur Nintendo 3DS !

D’autres spin-off continuent de sortir, dont Pokémon Rumble, Conquest, ou encore Poképark 1 & 2, sur Wii. Ces derniers ont le mérite de nous permettre d’incarner des Pokémon dans des environnements en 3D dans un jeu d’aventure "à la Zelda", pour les tout-petits. J’ai beaucoup aimé PokéPark 2 : Le Monde des Vœux (2012) en fait !

Sixième génération

C’est fin 2013 que sortent Pokémon X & Y sur Nintendo 3DS. Attention, le passage tant attendu à la 3D intégrale est là ! C’est à moitié vrai car si tous les éléments du jeu sont modélisés en 3D, cela n’empêche pas un affichage en vue de haut latérale classique pendant les phases d’exploration. En ville en revanche, certains passages sont en full 3D, ce qui a tendance à nous perdre un peu quand les caméras s’affolent !

Le scénario intègre les très alambiquées "Méga-évolutions" et souffre d’un character design et de dialogues véritablement niais. Dans une région s’inspirant de Versailles, et du Paris des terrasses à café, votre bande de potes axée sur la mode est définitivement inutile et exaspérante.

Un an plus tard, le moteur du jeu est un peu mieux maîtrisé et la réalisation affinée pour Pokémon Rubis Oméga et Saphir Alpha, le remake en 3D de l’épisode GBA. L’exploration en pleine nature, sous fond de conflit entre les Team Magma et Aqua convient bien mieux à l’esprit Pokémon. Les animations sont soignées. La possibilité en fin de jeu de survoler la région à dos de Latios/Latias confirme la réussite de ce remake.

L’avenir de la saga ?

Le succès de la saga Pokémon n’a pas l’air de vouloir s’arrêter. En choisissant d’évoluer lentement, en ne sautant aucune étape qui puisse choquer les fans (à défaut de les frustrer), et en réunissant les générations de joueurs les unes après les autres, Game Freak s’est assuré notre sympathie. Aujourd’hui, les voilà repartis avec un nouveau moteur 3D pour les épisodes portables, et on peut imaginer que le studio saura l’exploiter de nouveau.

A l’heure où je vous parle les prochains épisodes de Pokémon sur console portable (à priori Nintendo 3DS) n’ont pas été annoncés. Il n’y a d’ailleurs pas de jeux prévus pour cette fin d’année. L’annonce se faisant habituellement en janvier de l’année de sortie, il semblerait qu’il n’y ait pas d’épisode en 2015. Peut-être est-ce parce que Game Freak se réserve pour la belle année 2016 qui verra les 20 ans de la série ? Aurons-nous droit à un deuxième remake de Pokémon Bleu/Vert/Rouge, cette fois en 3D ? Y aura t-il une compatibilité amiibo et de nouvelles créatures adaptées en figurines ?

Cette année sort Pokkén Tournament, prévu pour l’arcade, même si on peut imaginer une sortie sur Wii U.

Pour ma part j’attends toujours le beau Pokémon 3D de salon à la Colosseum qui permette aussi une exploration poussée. Game Freak a toujours affirmé que les Pokémon classiques se passeraient sur consoles portables. On les comprend, les consoles portables sont plus populaires que les consoles de salon. Il n’empêche qu’ils ont essayé dans le passé, avec Colosseum et XD. Faute de quoi, ce sont les fans qui essaient de créer des expériences (2D ou 3D) d’un Pokémon Online. En voici quelques exemples :

Quand à l’exploration de haute qualité, il semblerait que ce soit Level 5 et son Youkai Watch qui soit en train de s’en charger (toujours sur portable néanmoins).

Youkai Watch (3DS)

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Tout ce que je demande c’est quelque chose d’aussi badass que Pokémon Colosseum, avec la chasse aux Pokémon ouverte :-)

Pokémon Colosseum, Gamecube, 2004

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En conclusion

Qu’il est loin le temps des premières cartouches où l’on récupérait les centaines de Pokémon avec force et patience, où l’on connaissait tous leurs noms par cœur à la file.

Aujourd’hui le challenge est moins grand, on peut récupérer des Pokémon rares simplement en les échangeant en ligne contre un Pokémon banal. Je continue d’adorer à ranger mes boites pendant des heures sur mes cartouches (oubliez la Poké Bank !), et les transférer de génération en génération.

Une passion qui ne faiblit pas malgré l’âge, en témoignent les strips BD et un livre sur Pokémon que j’ai réalisés.

3 commentaires

  • #
    9 juin 2015  13:12

    c’est quelles couleurs les originales alors ? Parce qu’au départ, tu dis vert et rouge et après, tu dis que t’as pris la version rouge qui remplaçait la verte en occident

  • #
    9 juin 2015  14:16

    Les couleurs originales au Japon en 1996 : Verte et Rouge. La Bleue arrive bien plus tard.

    Les couleurs originales en France en 1999 : Bleue et Rouge. Il n’y aura jamais la version verte sous sa forme originale.

    Les remakes en 2004 : Vert-Feuille et Rouge-Feu. On oublie le bleu.

  • #
    9 juin 2015  14:19

    Et effectivement je me suis emmêlé les pinceaux quand je parle de mon tout premier achat. C’était bien la rouge (et la bleue remplaçait la verte du Japon) ! :-)