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Test : Yoshi’s Woolly World

mardi 23 juin 2015, par RYoGA

À l’image d’un Nintendo obligé de se transformer pour survivre, Yoshi, jadis le fleuron des jeux de plateformes, se métamorphose pour nous séduire. Un changement visuel destiné à maquiller une formule bien trop connue ? Tirons les fils pour démêler l’ensemble !


Test publié sur Puissance-Nintendo !

En 2011, le studio Good Feel nous livre l’absolument charmant Kirby au fil de l’aventure sur Wii. Un jeu où le non moins adorable Kirby et tout son univers étaient composés de laine, offrant un gameplay basé sur des patchworks à détricoter ou dézipper. Extrêmement bien réalisé et apportant une véritable bouffée d’air frais au genre, ce Kirby allait être amené à faire des émules, et ce pour notre plus grand plaisir.

Tandis que Kirby nous revenait en pâte à modeler avec Le Pinceau Arc-en-Ciel, c’est Yoshi qui reprend le flambeau de l’habillage en laine pour sa première aventure en HD. Réutilisant tous les mécanismes de l’originel Yoshi’s Island, ce Woolly World nous plonge dans un univers où toutes les plateformes, quasiment tous les ennemis et environnements sont composés de laine et autres dérivés cotonneux.

C’est un véritable plaisir de découvrir comment les éléments ont été adaptés, des quelques fils qui composent élégamment un ennemi à cette rivière de lave qui prend les allures d’une écharpe tricotée. Une chose est sûre, Tricot’île est composée avec soin, et la Haute Définition rend enfin hommage au travail d’orfèvre de l’équipe de développement.

C’est doux, mais pas si neuf

Yoshi retrouve tous ses mouvements classiques, du gobage d’ennemis (qui deviennent cette fois non plus des œufs mais des pelotes de laine), au saut étiré dans le vide, l’attaque rodéo et bien sûr le lancer de pelotes.

Les nouveautés sont à chercher du côté des interactions avec les décors. Certaines vont se retrouver tout au long du jeu, comme ces fils de laine qui dépassent des murs et qu’il faut attraper avec sa langue pour les détricoter. Ou encore ces plateformes invisibles qu’il faut matérialiser avec ses pelotes. Les plantes Piranha cracheuses de projectiles devront être ligotées, le temps de leur sauter dessus ou de les faire tomber si elles sont accrochées en hauteur. En dehors de ces nouvelles constantes, les autres idées d’interaction avec la laine sont plus rares.

Un niveau propose de tricoter/détricoter Chomp le chien-boulet pour le guider à travers le labyrinthe. Vers la fin du jeu on rencontre des Boo qui, tricotés, deviennent des montgolfières, ce qui n’est pas facile à faire vu qu’ils ne vous regardent jamais dans le blanc des yeux.

Bumpers en tout genre, nombreux ennemis et boss amusants, courtes séquences de transformations en véhicules, labyrinthes, chaque niveau du jeu apporte une nouvelle idée à même de combler le néophyte de la série. Le connaisseur sera lui en terrain connu et devra s’armer de patience pour voir un peu de nouveauté au cours de sa progression. On rencontre ainsi un niveau où Yoshi, tel Mario sur des plaques de fer dans Mario World, s’accroche à des toiles de tissus ou même plus loin des toiles d’araignées.

Il faut attendre le quatrième monde pour découvrir un niveau franchement amusant où Yoshi se balance de tringle en tringle à toute allure. Plus loin, un manoir où des rideaux matérialisent des plateformes avec leur ombre. Le cinquième monde utilise intelligemment sa thématique enneigée avec ces avalanches qui nous obligent à réfléchir à chacun de nos pas. Un coup de cœur visuel et sonore concerne le niveau dans un labyrinthe glacé qui s’explore vice-versa comme une maison de poupée, sur fond de musique de Noël.

La meilleure nouvelle idée de gameplay du jeu restant incontestablement Yoshi qui s’accroche sur des plateformes tournantes en scratch, avec le bruit adéquat. Dommage qu’il faille attendre l’un des tous derniers niveaux pour rencontrer un concept de gameplay parfaitement en lien avec la thématique du jeu.

Qui veut se faire cajoler ?

Les niveaux de Yoshi’s Woolly World, composés de différentes étapes, peuvent s’avérer particulièrement longs. Passer une fleur de sauvegarde est souvent un soulagement, surtout après un passage délicat. En effet, si le jeu n’est pas particulièrement difficile, on se surprend à échouer après avoir essuyé trop de dommages et perdu tous ses cœurs, trop assuré que les Yoshi étaient des jeux faciles. Les vies sont infinies et l’on reprend alors au dernier checkpoint, obligé de collecter de nouveau les items spéciaux, ce qui peut être rapidement rageant.

Chaque niveau offre son lot d’items à collecter dans tous les coins. Les capsules de laine sont au nombre de six, et une fois réunies, elles libèrent le Yoshi emprisonné par l’éternel Kamek. Les cinq fleurs ouvrent l’accès à un niveau bonus si l’on en attrape une dans la roue de fin de niveau. Les tampons, au nombre de vingt-cinq par stage, se cachent dans les joyaux colorés qui abondent dans les niveaux. Accumulés à travers le jeu, ces tampons débloquent des visuels à utiliser dans Miiverse.

Les petits cœurs servent de barre de vie et doivent être au maximum pour obtenir un score parfait lors du tableau de fin de niveau. Il va falloir être curieux, chercher dans tous les recoins, qu’ils soient transparents, derrière un pan de mur en mousse à pousser ou encore dans un nuage caché.

Pour faciliter la tâche du joueur, un mode "relax" est accessible à n’importe quel moment de la partie. Il dote votre Yoshi de petites ailes qui lui permettent de faire du sur-place dans les airs. On oublie ainsi les acrobaties exigées par certains passages et on aborde les niveaux de manière plus sereine. Attention cependant à ne pas flotter trop bas car sans plateformes on se retrouve condamné à une mort certaine.

Dans le même ordre d’idée, il nous est proposé avant chaque niveau d’utiliser un badge de puissance. Attaque rodéo renforcée, défense améliorée, vitesse boostée, langue attrape-objets, aimant à objets, pastèques à volonté, ces badges se débloquent au fur et à mesure de votre progression. Celui du chien taquin Milou s’obtient par exemple après avoir fait le premier niveau où il apparaît. Vous pouvez l’utiliser dans un autre niveau, mais aucun ne nécessite réellement ses facultés de plateforme-soutien mouvante.

D’autres badges se révèlent un peu exagérés comme celui qui vous empêche de tomber dans le vide (Yoshi rebondit alors automatiquement), d’être immunisé contre le feu ou encore de sauter un niveau. Quand ils ne sont pas proposés en "essai gratuit", ces badges s’achètent, à raison d’un seul par niveau, avec les joyaux récoltés dans les niveaux. Vu le nombre de diamants accumulés en cours de partie (comprenez que nous avons été économe), on pourrait être tenté de zapper des niveaux du jeu... Oui mais non.

amiibo, le nouvel adoucissant cosmétique

Yoshi’s Woolly World propose un mode coopératif avec la possibilité pour un deuxième joueur de rejoindre le jeu à n’importe quel moment. Les parties deviennent alors un peu plus délicates à gérer car les deux Yoshi se rentrent dedans constamment. Cela peut être une bonne chose si les joueurs veulent s’aider à passer un obstacle ou propulser l’un des deux en hauteur. Il est plus probable que les joueurs se gênent en se gobant l’un l’autre (perdant les pelotes au passage) ou en se faisant involontairement tomber avec un œuf mal placé. Cela a le mérite de dynamiser les parties. Attention aux engueulades lorsque l’on doit récupérer les items spéciaux de la zone une énième fois.

Le jeu utilise les amiibo de différentes manières. Tous, à l’exception des figurines Pokémon, peuvent être enregistrés dans le Pavillon amiibo qui se situe sur la place du hub principal du jeu. Les figurines débloquent alors des patrons pour votre Yoshi : vous pouvez faire revêtir à votre personnage une sorte de costume d’un de vos personnages préférés.

Les autres Yoshi libérés en cours d’aventure pourront d’ailleurs être incarnés à tout moment, au pied du niveau terminé ou bien dans une autre hutte qui les regroupe. C’est d’ailleurs là que vous pouvez customiser votre amiibo de laine qui vous accompagne dans les niveaux.

L’amiibo de laine, comme l’amiibo Yoshi des collections Smash Bros. et Super Mario, permet de créer un double de votre Yoshi en cours de partie. Ce double s’avère pratique lorsqu’on est seul et que l’on vient à manquer de pelotes, sans ressources autour de soi. Néanmoins, le maniement d’un double Yoshi s’avère assez étrange. Du fait de contrôler les deux en même temps vous ne savez jamais vraiment sur quel pied danser. S’ils sont séparés par une bonne distance, vous êtes obligé de réajuster vos pas sans cesse, et ne manquez pas d’un perdre un, puis l’autre, le long des plateformes escarpées.

L’intérêt de ces gymnastiques paraît bien dérisoire. On pourrait penser qu’il suffirait de gober le deuxième protagoniste pour le ressortir quand on en a besoin. Seulement, lorsque lancé il revient dans la course, il vient nous compliquer la vie. Parce qu’il n’est qu’en 2D, ce gameplay n’a à rien à voir avec celui offert par les icônes cerises des jeux Super Mario 3D World et Captain Toad. Le double Yoshi ne sert que quand on vient cruellement à manquer de laine, ce qui n’arrive quasiment jamais.

Pour ceux qui voudraient (re)voir quelques extraits des premiers niveaux du jeu, c’est ici :


Conclusion

Heureusement Yoshi’s Woolly World n’est pas Yoshi’s New Island. Il le doit à sa très belle réalisation et ses quelques bonnes idées liées à la thématique en laine. Le reste du jeu est varié, brillant, mais sans génie.

Nous conseillons Yoshi’s Woolly World à tous ceux qui aiment les jeux de plateformes et qui n’ont que rarement pratiqué un titre Yoshi. Sorte de relecture du premier épisode de la série, la thématique en laine en plus, Yoshi’s Woolly World ne convaincra peut-être pas les plus rodés des joueurs en attente d’idées nouvelles. Reste une très bonne réalisation en Haute Définition et la possibilité de partager l’aventure à deux.